Ce gel remplace le cartilage des genoux

Céline Deluzarche, Journaliste

N’importe quel sportif le sait : le genou est l’une des articulations les plus sollicitées du corps. Songez qu’à chaque impact avec le sol lors de la course, la contrainte s’exerçant sur le genou est égale de trois à huit fois le poids du corps ! Mais après des traumatismes répétés, le surpoids ou l’âge, le cartilage du genou s’use et ne joue plus son rôle d’amortisseur. En France, 80.000 à 90.000 prothèses du genou sont implantées chaque année. Mais ces prothèses en métal ont une durée de vie limitée (maximum 20 ans) et entraînent souvent une baisse de mobilité. Depuis plusieurs années, les chercheurs essayent donc de mettre au point des hydrogels capables de remplacer l’articulation. Un objectif difficile, car le gel doit à la fois être suffisamment solide pour supporter le poids du corps et suffisamment souple et glissant pour servir d’amortisseur. C’est justement ces qualités a priori opposées qu’ont réussi à combiner les chercheurs de l’université de Duke, en Caroline du Nord (États-Unis).

La surface des os qui forment l’articulation du genou est recouverte de cartilage, un tissu élastique qui permet aux os de « glisser » entre eux, d’amortir le choc et de supporter le poids du corps. L’arthrose du genou, qui résulte de l’âge, de contraintes répétées, de l’obésité ou de facteurs génétiques, engendre une dégradation irréversible du cartilage, qui devient alors mince et irrégulier. La friction des os les uns contre les autres engendre des douleurs, une perte de flexibilité et des risques de déformation osseuse. © reineg, Adobe Stock

Étiré 100.000 fois sans se déformer ou se déchirer

« Un disque de la taille d’une pièce de monnaie, bien que composé à 60 % d’eau, est capable de supporter un poids de 45 kilos », assurent ainsi Feichen Yang et ses collègues, dans leur article publié dans Advanced Functional Materials. Lors de tests, le disque a pu être étiré 100.000 fois sans se déformer ou se déchirer, une résistance mécanique comparable à celle des prothèses en...

> Lire la suite sur Futura

À lire aussi sur Futura