Gel : le dilemme des agriculteurs au sujet des assurances contre les risques climatiques

À Chasselas (Saône-et-Loire), sur les neuf hectares de Patrick Rivet, pratiquement toutes les parcelles ont été touchées par le gel. Le viticulteur de 63 ans ne s'attendait pas à un épisode de gel d'une telle ampleur ; c'est pour cela qu'il avait choisi de prendre le risque de ne pas être assuré. Aujourd'hui, il risque de perdre plus de la moitié de sa récolte. "C'est dommage qu'on n'ait pas le droit de s'assurer une fois que c'est gelé (...), c'est du poker", déplore Patrick Rivet. Une l'assurance devenue trop chère Comme lui, en Bourgogne, 80 % des vignerons ne sont pas assurés contre les aléas climatiques. Son collègue fait figure d'exception. Jérôme Chevalier, viticulteur à Charnay-lès-Mâcon, paie 15 000 euros par an pour 25 hectares. Son indemnité sera calculée en septembre, une fois la récolte connue, avec une franchise de 20 %. De son côté, Thiébault Huber, viticulteur à Meursault (Côte-d'Or), était assuré, mais a décidé de ne plus l'être car l'assurance était devenue trop chère pour ses dix hectares après plusieurs années marquées par la grêle ou la sécheresse. "Quand vous avez des années déficitaires comme on en a subi, ça ne vaut plus du tout le coup (...). Vous êtes indemnisé sur un rendement moyen des cinq dernières années", estime-t-il. En France, 30 % des surfaces agricoles sont assurées.