Gazprom coupe l’approvisionnement à Engie : “La guerre de l’énergie vient de commencer”

MAEVA DESTOMBES / Hans Lucas via AFP

“Le couperet est tombé, la Russie a fermé le robinet du gaz à la France”, écrit Página 12. Pour le journal argentin, il s’agit d’un “avant-goût de ce qui pourrait arriver à d’autres pays européens d’ici à l’hiver”.

Le géant russe Gazprom a annoncé ce mardi 30 août suspendre totalement ses livraisons de gaz au groupe français Engie à partir de jeudi 1er septembre, invoquant des défauts de paiement pour les livraisons effectuées en juillet. Engie avait déjà annoncé mardi matin que les livraisons de gaz russe seraient réduites, évoquant “un désaccord entre les parties sur les termes du contrat”.

Le quotidien espagnol La Vanguardia estime qu’il s’agit “d’un nouveau tour d’écrou de la Russie pour priver l’Europe d’énergie”, ce que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié de “terrorisme économique”. Pour sa part, “Moscou nie”.

La France s’était préparée à ce scénario et a déjà rempli ses réserves stratégiques de gaz à 90 %, a assuré la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher. Engie a aussi annoncé avoir pris les mesures nécessaires pour fournir ses clients.

“Les livraisons de gaz russe par Engie, qui normalement représentent environ 17 % de ses approvisionnements annuels, avaient déjà diminué d’environ 4 %, soit un niveau mensuel de 1,5 térawatt/heure, après l’invasion russe de l’Ukraine en février et les sanctions occidentales contre la Russie”, rappelle le quotidien britannique The Financial Times.

Des sources alternatives ?

La France, bien que moins dépendante du gaz russe que ses voisins, continue de chercher des solutions alternatives. Suite au déplacement d’Emmanuel Macron à Alger la semaine dernière, Engie a entamé des négociations avec le géant algérien des hydrocarbures, Sonatrach.

Les pays européens commencent tout juste à mesurer la capacité d’action de Moscou en termes d’énergie, estime Página 12. Ces derniers temps, les gouvernements ont mis en garde leurs populations, car, face aux sanctions occidentales, “loin d’être intimidé, Vladimir Poutine a non seulement intensifié la guerre en Ukraine, mais a aussi progressivement coupé le gaz à différents pays”.

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