Gazoduc Force de Sibérie 2: les difficiles négociations autour de «l’affaire du siècle»

Présenté comme « l’affaire du siècle » en mars 2023 par Vladimir Poutine, le projet Force de Sibérie 2 n’avance pas à la vitesse voulue par le Kremlin. S’il voit le jour, ce gazoduc transportera 50 milliards de mètres cubes par an depuis les champs de gaz sibériens vers la région chinoise du Xinjiang. Une urgence pour relancer le géant énergétique russe Gazprom, actuellement dans une très mauvaise passe. Pékin, en position de force, se montre nettement moins pressé.

Un rapport commandé par les dirigeants de Gazprom auquel le Financial Times a eu accès, confirme la très mauvaise passe traversée par le joyau russe de l’énergie, suite à la baisse des ventes de gaz aux pays européens. La société avait récemment annoncé un bilan nettement dans le rouge pour l’ensemble de l’année 2023, avec une perte nette de 6,9 milliards de dollars. Une première depuis vingt ans.

Dans un tel contexte, la compagnie gazière voit d’un bon œil ce projet de gazoduc de plus de 6000 km de long, une taille trois fois supérieure à celle de son petit frère Force de Sibérie 1 achevé il y a cinq ans. Longtemps considéré comme la vache à lait du pouvoir, Gazprom est nécessairement au cœur de l’attention du Kremlin. Le premier producteur et exportateur gazier mondial est un des plus gros contributeurs au budget de l’État russe.

Des négociations déséquilibrées dans une « amitié sans limites »

La Russie se trouve contrainte de trouver rapidement un nouveau client auquel vendre son gaz. Pour des raisons démographiques et géographiques, elle n’a d’autre choix que de se tourner vers la Chine.


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