Calme précaire à Gaza après la trêve passée entre Israël et le Jihad islamique

Un tir de roquette s'abat sur un bâtiment dans la bande de Gaza, le 7 août 2022.  - SAID KHATIB - AFP
Un tir de roquette s'abat sur un bâtiment dans la bande de Gaza, le 7 août 2022. - SAID KHATIB - AFP

Une trêve encore très fragile. L'accord de cessez-le-feu passé entre Israël et le Jihad islamique ce dimanche est en proie à des fortes tensions.

Après trois jours de violents échanges de tirs dans l'enclave de Gaza, les deux partis avaient trouvé un accord ce dimanche soir sous l'égide de l'Égypte pour cesser les raids.

Quelques minutes après l'entrée en vigueur de la trêve à 23h30 heure locale, l'armée a dans un premier temps indiqué avoir frappé des positions du groupe armé palestinien. Mais dans un deuxième communiqué, elle a rectifié ses dires, affirmant avoir mené ces raids "à 23H25" locales. "Cela était la dernière frappe de l'armée avant un cessez-le-feu prévu à 23H30", a-t-elle assuré.

"Mettre un terme à cette effusion de sang"

Dans l'accord de la trêve, l'Etat hébreu et le Jihad islamique avaient tous deux précisé "se réserver le droit de répondre fermement" en cas d'agression du cessez-le d'une des deux parties.

Yaël German, ambassadrice d'Israël en France, invitée ce dimanche soir de BFMTV explique: "Être particulièrement préoccupée car nous aimerions mettre un terme à cette effusion de sang inutile".

Dans la bande de Gaza, 17 Palestiniens dont neuf enfants ont été tués ce dimanche dans les raids israéliens notamment sur Jabaliya, la ville de Gaza et Rafah, a indiqué le ministère de la Santé du mouvement armé palestinien Hamas, au pouvoir dans cette enclave sous blocus israélien depuis plus de 15 ans.

Depuis le début vendredi de l'opération israélienne ciblant le Jihad islamique dans l'enclave paupérisée, "43 Palestiniens sont tombés en martyrs dont 15 enfants" et "311 ont été blessés", selon un dernier bilan du ministère, qui a fait en outre état d'immeubles entiers détruits dans les frappes

Des centaines de roquettes tirées depuis Gaza

"Nous avons dit de manière très clairs que le feu entrainerait du feu. Nous souhaitons que le cessez-feu soit respecté. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour riposter et assurer la sécurité de nos citoyens", fait savoir l'ambassadrice israélienne.

En Israël, trois personnes ont été blessées par des tirs de roquettes depuis vendredi, selon un dernier bilan des secouristes. Selon l'armée israélienne, des centaines de roquettes ont été tirées à partir de Gaza depuis vendredi, mais la grande majorité ont été interceptées.

"La plupart des personnes blessées ont été blessés par le tir du groupe islamique, nous n'avons tué personne, se défend Yaël German. Ce sont leurs missiles qui ont tué leurs citoyens."

Craintes de répresailles

C'est l'arrestation lundi dernier en Cisjordanie occupée de Bassem Saadi, un leader du Jihad islamique dans ce territoire palestinien occupé depuis 1967 par Israël, qui a mené à cette la flambée de violences actuelle. Les autorités israéliennes ont justifié leurs premières frappes vendredi sur la bande de Gaza par leurs craintes de représailles en provenance de cette enclave palestinienne sous blocus israélien.

Ces deux derniers jours, quelque 40 membres du Jihad islamique ont été arrêtés par les forces israéliennes en Cisjordanie.

La confrontation entre Israël et le Jihad islamique est la pire depuis celle entre Israël et le Hamas en mai 2021. Cette dernière avait fait en 11 jours 260 morts côté palestinien dont des combattants et 14 morts en Israël, dont un soldat, d'après les autorités locales.

Article original publié sur BFMTV.com