Le gaz du Moyen-Orient, demi-solution pour l’UE

Dessin de Hassan Bleibel paru dans Daily Star, Beyrouth.

Le 15 juin, Ursula von der Leyen qualifiait d’“historique” le protocole d’approvisionnement gazier entre l’Union européenne (UE), Israël et l’Égypte permettant à l’Europe d’avancer vers la fin de sa dépendance aux livraisons d’énergie russe et la transition verte. L’enthousiasme de l’Union se ressentait lors de la cérémonie d’annonce, dans un hôtel cinq étoiles du Caire, car cet accord signifie que l’Europe pourra recevoir du gaz provenant du bassin oriental de la Méditerranée. Selon le contrat, le gaz naturel transitera des gisements marins d’Israël vers l’Égypte via un gazoduc, puis il sera liquéfié avant d’être acheminé vers les ports de l’UE. De plus, cette coopération tripartite a été entérinée le lendemain de la réduction par [le groupe russe] Gazprom des livraisons [de gaz par le gazoduc Nord Stream 1].

L’UE encourage en même temps les entreprises européennes à contribuer aux projets israéliens et égyptiens de recherche et d’extraction de gaz naturel. Bruxelles souhaite étendre l’accord aux énergies renouvelables, grâce auxquelles l’Égypte produirait de l’hydrogène vert. Le carburant propre arriverait dans l’Union par le biais d’un gazoduc sous-marin n’ayant pas encore été construit, mais qui acheminerait initialement du gaz vers l’Europe. Les spécialistes de la politique énergétique et de la transition verte de l’UE restent néanmoins circonspects face aux déclarations d’Ursula von der Leyen affirmant que le protocole d’accord du Caire [s’inscrit dans une politique visant à] “mettre fin à la dépendance envers les énergies fossiles russes”.

D’après les scénarios les plus optimistes, les sources d’approvisionnement méditerranéennes n’aideraient que modérément à atteindre cet objectif. Israël extrait 12 milliards de mètres cubes annuels de ses trois gisements sous-marins. L’Égypte, elle, a exporté 8,9 milliards de mètres cubes de gaz liquéfié l’an dernier et 4,7 milliards entre janvier et mai 2022, dont 60 % vers l’Asie. Or, en 2021, l’UE a acheté 155 milliards de mètres cubes de gaz à la Russie, soit 40 % à 45 % de sa consommation totale.

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