"De Gaulle, avec ou sans képi", la chronique de Bernard Pivot

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Le 21 mai 1967, au Parc des Princes, la finale de la Coupe de France de football opposait Lyon à Sochaux. Par une chance inouïe, le ballon a atterri dans la tribune d'honneur aux pieds du général de Gaulle. Le président de la République s'est baissé, a saisi le ballon et d'un geste ample, les bras levés comme ceux d'un volleyeur, l'a renvoyé en direction du terrain. Sur la photo, on distingue une multitude d'hommes hilares. En ce temps-là, les femmes n'allaient pas au stade?

Comme toujours, seul le Général est sérieux, conscient qu'il ne peut pas rater cette passe historique. Charles de Gaulle a toujours été un bon passeur. Vers une armée moderne, vers la France libre, vers la Ve République, vers la gloire. De De Gaulle l'album inattendu, cette photographie avec ballon de football est l'une de mes préférées ainsi que, notamment, celle, bouleversante, sur la plage de Bénodet, du père cravaté en costume trois pièces, chapeau de feutre, dialoguant sur une chaise longue avec la petite Anne, sa fille handicapée, sur ses genoux.

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"Quand on pense au contraste, écrit François Bayrou, entre la destinée historique de l'un et l'extrême vulnérabilité de l'autre, cela donne un éclairage singulier sur la personnalité du père, mais aussi sur la nature humaine." Imagine-t-on Charles de Gaulle dans le même intime tête-à-tête, sur la plage, mais en slip de bain? Non, impossible. La logique eût été une faute de goût.

Patrice Duhamel et Jacques ...


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