La gauche met à l'index un Mélenchon de plus en plus isolé

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Jean-Luc Mélenchon apparaît de plus en plus isolé à gauche où plusieurs figures, comme le communiste Fabien Roussel, la socialiste Anne Hidalgo ou l'écologiste Julien Bayou, ont condamné mardi, avec virulence parfois, les propos du leader de LFI liant terrorisme et élection présidentielle.

Même si le numéro deux des Insoumis Adrien Quatennens assure que le mouvement ne pâtira pas de ces déclarations, le torchon brûle clairement à gauche, et la perspective d'une union des gauches pour 2022 semble de plus en plus s'éloigner.

Les propos de Jean-Luc Mélenchon prédisant dimanche "un grave incident ou un meurtre" dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, un événement "écrit d'avance", ont suscité l'indignation dans la classe politique. Mais aussi parmi les familles des victimes des attentats de terroristes islamistes, le chef des Insoumis citant notamment la tuerie commise par Mohammed Merah en 2012.

La maire PS de Paris Anne Hidalgo, possible candidate à la présidentielle, s'est dite "très choquée" sur France Inter par "ce propos empreint de complotisme". "Ce qu'a fait Jean-Luc Mélenchon, ça divise, ça fracture, ça ne permet pas justement de se réunir", a-t-elle dit.

Le candidat du PCF pour la présidentielle Fabien Roussel a condamné sur France 2 les propos du leader de LFI et marqué sa différence "sur la forme et sur le fond".

"C'est irresponsable pour un chef politique, une personne de sa stature, d'alimenter comme ça la machine à complot", a abondé le secrétaire national d'EELV Julien Bayou sur LCI.

Des accusations de complotisme encore renforcées par une récente vidéo de Jean-Luc Mélenchon dans laquelle il juge "suspecte" la panne des numéros de secours survenue mercredi dernier.

Sans citer Mélenchon, le patron du PS Olivier Faure a mis en garde: "Le débat quitte les rives de la raison. Le buzz remplace la pensée. La +post vérité+ remplace les faits. L'insulte remplace l'argument. La haine et la violence remplacent le respect et le dialogue. Démocrates, réveillez-vous avant que tout devienne fou!", a-t-il écrit dans un tweet.

- "Brevets de républicanisme" -

Jean-Luc Mélenchon a contre-attaqué lundi, en dénonçant une "ambiance violente" et évoquant une vidéo d'extrême droite qui simule le meurtre d'un Insoumis.

Mais cela n'a pas suffit même si MM. Roussel et Bayou, mais aussi l'eurodéputé EELV Yannick Jadot et le maire de Grenoble Eric Piolle, deux possibles candidats écologistes à la présidentielle, lui ont apporté leur soutien et ont demandé au gouvernement de réagir.

Les communistes étant également visés, Fabien Roussel a confirmé qu'il allait porter plainte.

Mais pour la porte-parole d'EELV, Éva Sas, "Jean-Luc Mélenchon ne fait qu'ouvrir un contre-feu !", juge-t-elle dans Le Parisien. "Au lieu d'expliquer ses propos, de présenter formellement ses excuses aux victimes" le leader de LFI continue, selon elle, "de s'enfermer dans une irresponsabilité très inquiétante".

La garde rapprochée du tribun de LFI, elle, serre les rangs.

"On n'a pas à s'excuser, on n'a pas insulté qui que ce soit", a tonné le député LFI Alexis Corbière sur Sud Radio, en insistant sur la "constance" et la "parole maîtrisée" depuis toujours de Mélenchon.

Celui ci "est aujourd'hui notre principal point d'appui sur toutes ces questions-là", a plaidé Adrien Quatennens sur Europe 1, et "il est un républicain plus conséquent que beaucoup de ceux qui distribuent à longueur d'antennes des brevets de républicanisme", a-t-il ajouté sur BFMTV,.

Jean-Luc Mélenchon a ouvert un nouveau front mardi, appelant les médias à "observer une pause de 5 minutes dans le Mélenchon-bashing pour se demander pourquoi ni le gouvernement ni le parquet ne réagissent aux menaces de mort de Papacito". "C'est complotiste de s'interroger ? Faut-il d'abord être mort ?", a-t-il demandé dans un tweet.

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