Gauche latino : quand Lula rit, Morales pleure

La gauche latino-américaine vient de vivre un véritable « yoyo émotionnel ». En deux jours, elle est passée de la joie venue du Brésil à la douche froide en provenance de la Bolivie. Vendredi 8 novembre au soir, « le peuple de gauche » comme Lula aime le nommer, fêtait bruyamment la libération inespérée de l’ancien président brésilien après 580 jours de détention. La Cour suprême avait voté la veille pour qu’aucun condamné ne soit détenu avant d’avoir épuisé tous les recours judiciaires ; une règle inscrite dans la Constitution mais qui avait été remise en question depuis 2016. Cette décision devrait bénéficier à près de 5000 prisonniers au Brésil, dont le plus célèbre d’entre eux : l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva. Dès que l’image de l’ancien président, souriant et poing levé, est apparue sur les écrans de télévision, une explosion de joie s’est aussitôt fait entendre, accompagnée des cris de « Lula Libre » et des sons des pétards. « La gauche brésilienne vient de retrouver son leader, sa figure la plus charismatique qui ne mâche pas ses mots contre l’extrême droite et qui est capable de rassembler toutes ses tendances. Et cette gauche a accumulé beaucoup de défaites depuis la destitution de Dilma Rousseff en 2016, la prison de Lula en 2018 et l’élection de Bolsonaro. Donc forcément c’était la fête pour les militants

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