La gauche française peut-elle gagner ? La presse étrangère s’interroge

Et si le Nouveau Front populaire créait la surprise lors des législatives des 30 juin et 7 juillet en France ? La question peut paraître étonnante au vu des résultats des européennes et de tout ce qui s’écrit depuis sur l’irrésistible ascension du Rassemblement national. Mais une élection n’est jamais jouée d’avance, et, la semaine dernière, l’idée d’un autre scénario commençait à faire son chemin dans la presse étrangère. Comme une petite musique certes, mais, dans un souci d’équité, c’est cette petite musique que nous avons voulu vous faire entendre dans ce numéro.

Le 8 juillet, la France risque d’être coupée en trois blocs, et la moindre des choses avant le scrutin était de porter notre regard sur chacun de ces blocs. Au lendemain du séisme du 9 juin, nous avions consacré une large place dans notre premier dossier à Emmanuel Macron et à sa décision, aux conséquences dévastatrices, de dissoudre l’Assemblée nationale (“Le sabordage français”, Courrier international, nᵒ 1754, paru le 13 juin). Dans le numéro suivant, nous avons raconté “Cette France qui vote RN” (Courrier international, nᵒ 1755, paru le 20 juin). Cette fois, c’est à la gauche, presque miraculeusement ressuscitée, que nous avons choisi de consacrer ce dossier. Et ce n’est pas le fruit du hasard.

“Oubliez l’extrême droite, c’est la gauche qui pourrait bien écraser Macron”, lançait ainsi parmi les premiers la semaine dernière Politico, à Bruxelles. Le site européen n’est pourtant pas réputé pour son positionnement gauchiste, mais la situation exceptionnelle – le rejet viscéral que suscite le président français dans une bonne partie de l’électorat, le mode de scrutin majoritaire à deux tours, qui promet de nombreuses triangulaires très incertaines – pourrait donner lieu à bien des surprises. Il n’est pas le seul à le penser. “Macron n’a pas vu qu’une troisième possibilité s’offrait aux électeurs”, observe l’hebdomadaire américain Time.

À condition toutefois que la gauche reste soudée. À en croire les derniers sondages, si les électeurs de LFI voteront dans une très large majorité pour le Nouveau Front populaire, les choses sont moins évidentes du côté des Verts et des socialistes : “Ils pourraient être entre un sur trois et un sur six à opter pour un autre bulletin”, estime Politico. La faute entre autres, au “cas Mélenchon”, que la presse conservatrice étrangère ne manque pas de qualifier de repoussoir.

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