"Gauche complice": Hidalgo fustige "les effets de manche" de Dati

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Anne Hidalgo a fustigé mercredi "les effets de manche" de l'opposition après des propos de Rachida Dati sur la gauche "complice" de viol et de pédocriminalité, et a assuré qu'aucun sujet n'était "tabou" à la mairie de Paris.

Le rejet par l’exécutif parisien d'un appel, lancé par le groupe "Changer Paris" de la maire LR du 7e arrondissement, en faveur d'une commission indépendante de lutte contre les abus de pouvoir et violences sexuelles commis par des élus de Paris, a suscité mardi la colère de l'ancienne garde des Sceaux.

Rachida Dati s'en est notamment pris aux élus de gauche qu'elle a accusés de "complicité" avec la pédocriminalité, le viol et l'inceste, des propos aussitôt qualifiés de "diffamatoires" et "indignes" par la majorité municipale.

"Les effets de manche, les effets de tribune, les approches politiciennes... chacun s'engage comme il l'entend en politique" mais "personne ne nous oblige ni à être dans l'outrance ni à être dans le déni ni même à considérer que tout sujet doit être instrumentalisé", a estimé Anne Hidalgo au deuxième jour du conseil de Paris.

"Chaque fois qu'un élu a eu une connaissance de faits délictuels, nous avons immédiatement déclenché l'article 40", qui enjoint à tout fonctionnaire de signaler sans délai tout crime ou délit dont il aurait connaissance, a assuré l'édile socialiste.

Lors des débats, la conseillère de Paris Geneviève Garrigos, qui a confié en janvier avoir été victime d'inceste à l'âge de 5 ans, a exprimé sa "souffrance" face à la "violence" des accusations de Mme Dati.

"Les débats (...) sur ces questions ne doivent jamais instrumentaliser les victimes, (il faut) toujours les protéger, ça doit être un engagement de tout le conseil de Paris", a-t-elle dit.

"Vous avez été blessée, j'en suis désolée mais je maintiens mes propos parce que c'est un sujet qui nous concerne tous", lui a répondu Rachida Dati, avant d'interpeller le premier adjoint Emmanuel Grégoire : "Qu'est ce qui vous gênait dans cette commission, qu'elle relève d'autres choses?".

La majorité a été éclaboussée ces derniers mois par plusieurs accusations de viol, dont celles visant Christophe Girard, l'ancien adjoint à la Culture, classées sans suite depuis par la justice en raison de la prescription des faits.

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