Garrel, j’aimais au grand jamais

Libération.fr

Antifa . Dans «l’Amant d’un jour», on aime, on se trompe et on se blesse à n’en plus finir. Jusqu’à ce que la douleur s’efface et que tout recommence.

Il y a ce matin où Ariane se réveille dans le lit d’un autre. Elle a trompé Gilles avec un jeune homme qu’elle connaît à peine. Laissant l’amant dormir, nu et offert sous son pan de couverture en drapé, elle s’habille pour quitter l’appartement. Sur le miroir, elle écrit du bout de son rouge à lèvres : «plus jamais ça». C’est tout l’antifascisme sentimental des films de Philippe Garrel que ce slogan détourné résume. A la fois une blague et un cri du cœur. De telles formules de conjuration sont toujours scandées d’après l’idée que non seulement ça peut recommencer, mais que ça recommence toujours. A l’amour comme à la guerre (les deux seuls événements, dans les films de Garrel, qui prétendent à l’Histoire), les mots n’écartent le malheur que pour un temps, bref répit dans un cycle qui se répète. L’amant drapé du petit matin n’est pas, semble-t-il, celui du titre : l’Amant d’un jour fait, lui aussi, partie d’une série. Il y en aura au moins un autre pour Ariane, qui précipitera le drame vers sa fin.

Ça recommence toujours, et Philippe Garrel fait des films : pas toujours le même, mais à chaque fois «plus jamais ça», le trajet vers une limite posée à la souffrance, un parcours vers la prochaine trêve. Celle qui a très mal dans l’Amant d’un jour, c’est Jeanne, la fille de Gilles jouée par Esther Garrel (fille cadette du cinéaste). Elle débarque chez son père (Eric Caravaca), effondrée par la rupture avec son copain, et y rencontre Ariane (Louise Chevillotte), une étudiante de Gilles, du même âge qu’elle, qui vit avec lui. Le père, dans le film, restera en retrait du duo féminin qui naît sous nos yeux.

Avatars. On dira un peu trop vite que l’Amant d’un jour est un pas de plus dans l’évolution du cinéaste vers le point de vue de l’autre sexe, au détriment de ses mâles alter ego - après son précédent l’Ombre des femmes, traité (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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