En gares, sandwichs et journaux désormais entourés de vêtements et objets déco

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Des personnes marchent dans la gare Saint-Charles de Marseille, en décembre 2013

La SNCF s'est elle aussi lancée dans le développement du commerce dans les gares, à la fois pour les rendre plus vivantes, mais aussi pour bénéficier d'une source de revenus bienvenue pour financer leurs coûteuses rénovations.

"Les gens ont peu de temps dans les gares, contrairement aux aéroports", souligne Rachel Picard, directrice de la branche Gares et connexions de la SNCF.

La SNCF ne veut plus se contenter des traditionnels journaux et sandwichs, mais accueillir, lorsque l'espace le permet, les magasins de loisirs, cadeaux, vêtements, cuisine...

A l'image de ce qui a été réalisé en 2012 dans la gare parisienne Saint-Lazare, rénovée et dotée d'une galerie de 80 commerces, devenue la vitrine dont s'enorgueillit la compagnie ferroviaire.

"Ce qu'on essaie de privilégier, c'est la diversité. On est sur des petites surfaces pour qu'il y ait une offre importante. (...) L'éventail de gamme (est) assez qualitatif, l'est de plus en plus, mais restera accessible", précise Rachel Picard.

Le chiffre d'affaires total des commerçants dans les gares françaises représente quelque 1,3 milliard d'euros annuel, avec un objectif d'une croissance de 20% en trois ans. Et plus de 20% des achats en gare concernent la restauration : "cela participe formidablement de la vie et de l'ambiance dans la gare", note-t-elle encore.

Chaque boutique verse à l'opérateur ferroviaire un loyer, avec une recette totale de 156 millions d'euros en 2013, en hausse de 9% sur un an. Ces revenus contribuent "à l'ensemble du résultat (de la SNCF) et surtout à la capacité de financement des gares", souligne Rachel Picard.

En effet, d'ici 2017, 2,7 milliards d'euros - dont une partie payée par l?Etat et les collectivités - seront nécessaires pour rénover ces bâtiments, souvent anciens, les adapter au flux de voyageurs ou aux normes d'accessibilité, les équiper en services, ce qui "(nécessite) d'amener de l'argent de l'extérieur du système ferroviaire", ajoute Rachel Picard.

Mais développer ces commerces coûte cher, et la SNCF doit faire appel à des investisseurs privés, comme pour la transformation de la gare Saint-Lazare, financée à hauteur de 160 millions d'euros (sur 250 millions) par Klépierre.

Si les enseignes sont intéressées par les grandes gares, la situation est plus compliquée lorsqu'il y a moins de passage. "Du coup, on est en situation de créer des nouveaux concepts", explique la directrice des gares.

Plusieurs formats sont en cours de définition ou de déploiement, de la boutique du quotidien qui rassemble les produits utiles, aux stands mobiles proposés à des commerçants locaux plusieurs heures par jour, en passant par le retrait de commandes effectuées en ligne.

"On recrée la boutique de proximité, ça redonne de la vie à la gare, une ouverture sur le quartier", commente Rachel Picard.