Gare de marchandises anonyme, salle de réunion roulante... Les dessous du voyage de Macron à Kiev

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Le déplacement d'Emmanuel Macron et de ses homologues allemand et italien a été gardé secret jusqu'au bout. Avec un dispositif aussi exceptionnel qu'est historique ce voyage.

Mercredi 15 juin, aux alentours de 23h. Perdue au milieu de la campagne, non loin de la frontière ukrainienne, une gare polonaise vient de rentrer dans l'histoire. C'est de là, sur un quai anonyme au bout d'un chemin en terre battue, perdue au milieu des trains de transport de fret, qu'est partie la délégation emmenant Emmanuel Macron, accompagné de ses homologues allemand Olaf Scholz et italien Mario Draghi à Kiev.

Cette visite, historique à bien des égards, avait été gardée secrète jusqu'au bout, bien que depuis quelques jours bruissait la rumeur dans les médias allemands et italiens. Et à événement exceptionnel, dispositif exceptionnel. BFMTV.com vous raconte ce voyage en train, qui a traversé un pays en guerre avec à son bord trois des plus importants dirigeants européens.

Des chiens envoyés de Paris

Tout commence donc mercredi soir, dans la gare de marchandises polonaise de Rzeszów. Un train, affrété par les Ukrainiens, attend les délégations allemandes, françaises et italiennes. C'est le chancelier Olaf Scholz qui arrive le premier, entouré par ses gardes du corps et ses conseillers. Chaque chef d'État a trois wagons réservés: un pour le dirigeant, un pour les journalistes de chaque nationalité, et un pour les conseillers.

Emmanuel Macron, en provenance de Moldavie, arrive le deuxième. La journaliste allemande du quotidien Bild Angelika Helleman a immortalisé la scène. On y aperçoit le chef de l'État, entouré de six hommes, qui avance sur un quai en gravier, dans la nuit polonaise. À gauche, le train, jaune et bleu, aux couleurs de l'Ukraine. À droite, des hautes herbes derrière une barrière. Le président de la République s'engouffre alors dans les wagons réservés à la délégation française.

Le président du Conseil des ministres italien Mario Draghi arrive le dernier. Les quelques journalistes accrédités pour le voyage sont activement fouillés. Des chiens ont même été envoyés de Paris pour s'assurer que les bagages ne contenaient pas d'explosifs.

Un train de secours prévu

En cas d'incidents en chemin, tout était prévu. Chaque journaliste a été préalablement briefé sur les gestes à adopter en cas de tir d'obus : rejoindre les officiers de sécurité dans le wagon de tête, enfiler son gilet pare-balles et descendre sur les voies. Un train de secours, roulant derrière celui transportant les trois chefs d'État, avait même été prévu.

À l'intérieur, une impression d'Orient Express se dégage. Une salle de réunion, avec une imposante table en bois et d'épais rideaux, est d'ailleurs mise à disposition des trois dirigeants pour qu'ils coordonnent leurs positions en amont de leur rencontre le lendemain avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. C'est de cette salle qu'ont été prises les photos des trois chefs d'État, massivement relayées depuis ce matin.

À bord du train, Emmanuel Macron a alors deux heures d'entretiens avec ses homologues allemand et italien, mais également un tête-à-tête avec chacun. Un véritable mini-sommet roulant, qui aura duré jusqu'à 3h du matin, heure à laquelle le président de la République s'est couché.

Après une nuit de voyage, le convoi a finalement atteint Kiev ce matin, à 9h30, heure locale. Sur le quai de la gare centrale de la capitale ukrainienne, Emmanuel Macron a eu ces mots : "J'aimerais envoyer un message de soutien et d'unité européenne aux Ukrainiens et Ukrainiennes".

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Vitali Klitschko : "J’attends de Macron qu’il soit fort, fasse appliquer les règles internationales, et surtout qu’il soutienne l’Ukraine"

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