"Gardons-nous de confondre valeurs morales et moralisme" : non à la censure des oeuvres d'art

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Les auteurs d’actes répréhensibles doivent être punis par la justice mais qu'en est-il de leurs œuvres ? Doit-on interdire des écrits ou des films qui ont marqué l’histoire de l’art lesquels, tel le film de Polanski, J’accuse, ou encore Le Pianiste, sont des œuvres pour l’avenir puisqu’ils dénoncent des crimes contre l’humanité ? Que dire encore des pressions exercées contre Hachette Book Group qui, par couardise, renonce à publier les Mémoires d’un des plus grands cinéastes du XXIe siècle à savoir Woody Allen au motif qu’il aurait abusé de la fille adoptive de sa compagne, ce qu’il a toujours nié [Ce sont les éditions Stock en France qui ont publié la traduction française de Apropos of Nothing, le 3 juin 2020]. Ne confondons pas une œuvre qui en elle-même ne contient rien de répréhensible avec les agissements de son auteur.

Retour de la censure

Au début du 17ème siècle, Le Caravage a été condamné à mort par contumace pour avoir tué un homme mais son œuvre, notamment "La mort de la Vierge", si elle a été refusée par son commanditaire au motif d’irrespect envers la Vierge, n’en a pas moins été achetée par le duc de Mantoue, un amateur d’art éclairé par le regard de Rubens. Elle figure actuellement sur les murs du Musée du Louvre bien que son auteur ait tué un homme dans une rixe.

Au nom d’une moraline, on interdit l’accès aux œuvres d’un artiste parce qu’il aurait commis des actes portant atteinte à la Loi. Pour ces actes, l’homme doit être jugé et puni s’il est coupable. Il n’en reste pas moins que son œuvre, au nom de la liberté d’expression, devrait pouvoir être vue, lue ou entendue car au cœur de l’art s’exprime le




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