Gard: un spéléologue va passer deux mois enfermé dans une grotte à 150 mètres de profondeur

Hugo Septier
·2 min de lecture

Jean-Philippe Troux souhaite étudier le comportement psychologique d’un individu confiné pendant près de deux mois, sans aucun contact avec le monde extérieur.

Le patronyme de Jean-Philippe Troux le prédestinait à la folle expérience dans laquelle il s'apprête à se lancer. Âgé de 48 ans, ce consultant pour le secteur du bâtiment dans le civil domicilié à La Croix-en-Touraine, dans l'Indre-et-Loire, est également un fervent amateur de spéléologie, qu'il pratique assidûment depuis une trentaine d'années, explique La Nouvelle République.   

Intérêt scientifique 

Alors, pour allier sa passion à la recherche scientifique, ce dernier va passer, à partir du 29 novembre prochain, 60 jours enfermé dans la grotte de Trabuc, située dans le département du Gard, et dont les entrées seront condamnées pour l'occasion. Pour l'occasion, il sera accompagné jusqu'au 27 janvier 2022 par un ami spéléologue.

Durant les deux mois de cette expérience, les deux hommes seront ainsi "confinés" à 150 mètres de profondeur dans une salle de la grotte, appelée "salle du chaos", où la température ambiante dépasse rarement les 13 degrés et où le taux d'humidité est à 95%. 

Au-delà de l'incongruité de l'idée, l'expérience n'est pas dénuée d'un certain intérêt scientifique. "L’idée, c’est d’être en totale autonomie et de faire en sorte de ne pas pouvoir sortir par nos propres moyens. Le but est d’étudier le comportement psychologique d’un individu confiné, sans possibilité de sortir", explique-t-il auprès du média régional.

Se couper du monde extérieur 

Logiquement, un tel événement se prépare plusieurs mois en amont. Comme le précise ce même Jean-Philippe Troux, cette fois-ci auprès de France Bleu, "plus d'une tonne de matériel" sera emportée pour l'occasion. "Patrick a déjà porté les 400 litres d'eau à l'entrée de la grotte", ajoute-t-il. 

"On va poser un anémomètre, un thermomètre et une sonde hygrométrique pour étudier la climatologie de la grotte. On fera aussi de la topographie 3D et de la biospéléologie, avec des échantillonnages et des piégeages d'insectes. Et bien sûr, de l'exploration!", ajoute-t-il, lorsque vient la question de ses futures occupations durant ces deux mois coupé du monde.

D'un point de vue personnel, l'expérience doit également permettre au quadragénaire de "se ressourcer." 

"Être sous terre, c’est la possibilité de remettre les pendules à l’heure. Il n’y a pas de lumière, pas de sollicitation extérieure. On est au contact de la nature, nos sens sont décuplés. C’est une chance de pouvoir vivre ça", conclut-il.

Article original publié sur BFMTV.com

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