“Garçon chiffon”, une merveille de mélancomédie

Marilou Duponchel
·1 min de lecture
© Les Films du Losange
© Les Films du Losange

Nicolas Maury est-il trop ? Trop sensible, trop bizarre, trop exubérant ? Trop ou pas suffisamment comme il faudrait être pour occuper une place définitive et s’y installer. “Pourquoi on ne veut pas de moi ?”, demande, au début du film, Jérémie (Maury), jeune comédien à la carrière encore balbutiante qui vient d’être éjecté d’un rôle qu’on lui avait pourtant promis. “Pour ces cons-là, tu es trop”, répond son agent, désolé.

L’échange résonne comme une confidence chargée du vécu de son auteur, sans doute commun à tout·e apprenti·e acteur·trice monté·e un jour à Paris, ayant connu les joies et les peines de cette ascension, les rêves fanés, ceux exaucés. Etre insituable, ni au dehors ni au dedans mais à un endroit à soi, celui depuis lequel s’exprimer… Voilà le programme aussi stimulant que réjouissant de ce premier long métrage et le mantra d’un cinéaste, jusque-là acteur de cinéma, de théâtre et depuis peu star de télé (Dix pour cent).

Excentrique mais jamais égocentrique, Garçon chiffon suit les chemins rebattus du roman de formation avec ses galères, ses hasards heureux, ses morts et ses renaissances symboliques. Mais Garçon chiffon est malin, il échappe à la tyrannie des genres. Il est chargé en références et en couleurs, il dégouline d’histoires où s’agrègent les traumas et les vicissitudes d’une vie hantée par la jalousie, la mort d’un père suicidé, le besoin irrépressible d’être aimé, le sentiment d’abandon et le poids d’un héritage familial dont on voudrait s’affranchir sans parvenir à s’en défaire tout à fait.

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