Gangs et pouvoir en Haïti, histoire d’une liaison dangereuse

Les Haïtiens manifestent depuis plusieurs semaines, notamment contre l’insécurité. Les gangs contrôlent aujourd’hui une grande partie du territoire national. Depuis des décennies, ces bandes criminelles ont été financées et instrumentalisées par une large majorité des partis politiques haïtiens pour asseoir leur pouvoir. Entretien avec Jhon Picard Byron, enseignant-chercheur à l'Université d’État d’Haïti (UEH).

RFI : Comment les gangs ont-ils consolidé leur emprise sur le territoire national haïtien ?

Qu’en était-il des gouvernements civils ?

Dans une tribune publiée dernièrement sur le site de l’agence haïtienne Alterpresse, vous affirmez que l’arrivée au pouvoir de l’ancien président Michel Martelly et du parti qu’il a fondé, le Parti haïtien tèt kale (PHTK), a constitué un tournant. Les gangs ont proliféré. Qu’en était-il sous la présidence de Jovenel Moïse ?

Le président Jovenel Moïse est apparu à un moment de discorde au sein du clan PHTK, autour de la question de la succession de Michel Martelly. De nombreux massacres ont été commis lors d’affrontements entre gangs rivaux au cours de sa présidence. Pour de nombreux observateurs avertis, ces affrontements reflétaient sur le terrain, dans les quartiers populaires, les conflits entre différents « associés » dans les salons feutrés des lieux de pouvoir d’État.

Les gangs fonctionnent-ils toujours aujourd’hui sous le contrôle de la classe politique ? Ou bien se sont-ils émancipés ?

À qui profite le chaos ?


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