Galerie photos : au Burundi, le statut des femmes est repensé

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C’est pas compliqué. Tout ce que tu as à faire, c’est te taire et être belle !”, disent certains hommes. “Une femme ça ne parle pas”.

C’est une opinion partagée dans de nombreux coins du monde, mais c’est surtout vrai au Burundi. Dans ce pays, même pour rendre visite à leurs parents, les femmes doivent demander la permission à leur mari, sinon, elles peuvent être répudiées. Considérées pour leur beauté physique et la bonne gestion de leur ménage, elles doivent donc se faire discrètes, faire profil bas pour éviter les préjugés culturels et la violence.

Selon des chiffres de 2009, les femmes représentent 51,10 % de la population du Burundi. Dans un pays où l'économie est principalement rurale, basée essentiellement sur l'agriculture et l'élevage, les femmes burundaises représentent 55,2 % des 90 % de main-d'œuvre agricole. La production agricole se répartit entre les produits destinés à l'export, comme le café, le thé, le coton, et la culture vivrière.

Cependant, malgré leur nombre important, les femmes burundaises ne sont pas assez représentées dans la prise de décision, au sein du foyer, comme dans le monde du travail. Lorsqu’une femme veut se lancer dans la politique, il faut qu’elle demande la permission à son mari, afin de ne pas briser son foyer. Sans droit d'héritage, si elle n’a pas de foyer, elle peut très vite se voir traiter d'"effrontée''.

Un pays frappé par les inégalités de sexes...

Le Burundi est l’un des plus petits pays d’Afrique. Situé à l’est du continent, dans la région des Grands Lacs, il compte près de 12 millions d’habitants. Sans accès à la mer, il est entouré par la République démocratique du Congo à l'ouest, le Rwanda au nord, et la Tanzanie à l'est et au sud. C'est un pays au climat tropical chaud et humide. Gitega, la deuxième plus grande ville du Burundi, en est la capitale depuis 2019.

C’est aussi un pays frappé par les inégalités des sexes qui s’expliquent en grande partie par des traditions et coutumes qui discriminaient les femmes dans la société. Les femmes se retrouvent par conséquent victimes de violences de toutes formes.

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Une étude d’Impunity Watch, une organisation internationale œuvrant pour les droits de l’homme, montre que 97 % des victimes de violences sont des femmes.

Cette discrimination envers les femmes peut être constatée notamment en matière de succession, où les femmes n’ont pas droit d'hériter ; et aux différents adages qui codifient le rôle de la femme et de l’homme dans la société. Par exemple, “la femme ne peut prendre la parole en présence d’un homme”.

Aujourd’hui, nombreux sont les Burundais qui sont conscients de cette discrimination et qui sont engagés dans la lutte contre les inégalités de genre pour une meilleure cohésion sociale.

Vous découvrirez ci-dessous une série de photos montrant des hommes et des femmes traditionnels ruraux du Burundi, dans les provinces de Ngozi, Kirundo (Ntega), Kayanza et à Bujumbura. Ces photos ont été prises par Clarisse Shaka et Evrard Ngendakumana pour Euronews

Une redéfinition des rôles pour une meilleure cohésion sociale

Néanmoins, la situation commence à changer. De plus en plus, des femmes burundaises franchissent certaines "barrières" culturelles sans que les hommes n’en soient surpris, surtout depuis la mise en place, il y a quelques années, de la loi spécifique sur les violences basées sur le genre. Par ailleurs, la représentativité des femmes dans les institutions dépasse légèrement les 30 % requis par la Constitution dans quelques instances, notamment l’Assemblée nationale.

Dans notre série de podcast Dans La Tête Des Hommes, une série originale d'Euronews, nous allons à la rencontre d'hommes défiant des siècles de stéréotypes. Cette série promeut un débat global sur une masculinité épanouie et respectueuse de tous et vous emmène dans cinq pays africains. Cette série vient de remporter le prix WAN-IFRA Europe Digital Media Awards 2021 dans la catégorie du meilleur projet audio numérique.

Dans les épisodes au Burundi, sur les Abatangamuco, nous découvrons des hommes qui, à l'échelle communautaire, essaient de changer les choses en se servant du théâtre pour sensibiliser leur société.

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