Gages

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Il ne saute pas sur sa chaise comme un cabri en criant «L’Europe ! L’Europe ! L’Europe !», selon l’épigramme naguère décochée à Jean Lecanuet par le général de Gaulle. Mais nous n’en sommes pas loin. Emmanuel Macron, par rapport à ses prédécesseurs centristes, a le mérite de la continuité. Quitte à prendre une bonne partie de l’opinion à rebrousse-poil, il défend le projet européen avec flamme et précision. A l’échelle de l’histoire, rappelle-t-il, l’Union a changé le continent de la guerre en aire de paix et de coopération. Juste remarque qui, pourtant, finit par tourner à vide, pour la bonne raison que les meilleurs arguments s’usent avec le temps, plus qu’ils ne se réfutent.

Il en faut bien d’autres pour convaincre les peuples que la construction européenne leur est profitable, qu’elle n’est pas le cheval de Troie d’une mondialisation dure aux faibles. Macron propose dans cet esprit une batterie de réformes, classiques ou nouvelles, qui peuvent aller dans le bon sens. Mais son originalité n’est pas là. Elle réside dans son rapport à l’Allemagne.

Dans cette campagne, comme dans les précédentes, la majorité des candidats font des moulinets avec leur sabre de bois : on va voir ce qu’on va voir, l’Allemagne devra plier ! Pour constater, une fois élus, que leurs mâles résolutions tombent à plat dans une construction fondée sur la culture du compromis. Macron tourne le dos à cette stratégie. Plutôt que de contraindre l’Allemagne - ambition vaine -, il faut la rassurer et la séduire. Commençons par donner des gages de bonne gestion et de sages réformes, alors nous pourrons demander des concessions. L’antigermanisme, qui n’est jamais très loin dans la vie politique française, criera que c’est se précipiter à Berlin comme on va à Canossa. Mais comme l’autre posture n’a jamais donné grand-chose, il faut peut-être laisser sa chance à cette approche. A condition que cette bonne volonté initiale débouche sur des résultats tangibles, c’est-à-dire sur la réforme en profondeur, (...)

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