Gabriel Attal : «J’aime bien négocier. On passe la moitié de son temps au Parlement et j’adore ça»

VIRGINIE CLAVIÈRES / PARIS MATCH

Porte-parole du gouvernement, il avait le sens de la formule. Maintenant, au budget, il doit faire jongler les nombres.

Le premier soir, à peine sa nomination annoncée, ils l’ont accompagné («On aurait dit les Tuche», a gentiment plaisanté sur leur passage un membre du cabinet). Une file indienne : sa mère, son beau-père, ses deux sœurs, sa tante et son jeune cousin découvrant à ses côtés le cinquième étage de Bercy, celui du ministère des Comptes publics. Dans son bureau, ils ont admiré la vue circulaire sur les eaux grises de la Seine, examiné le meuble chantourné sur lequel Cambacérès aurait rédigé le Code civil, et observé les quatre fauteuils raides tendus de soie verte, songeant peut-être, en ce 20 mai, à toutes les personnalités politiques – Fabius, Juppé, Sarkozy, Pécresse et Darmanin, entre autres – qui l’ont précédé dans ce décor pompier.

Sa famille repartie, Gabriel Attal s’est mis au travail. Premiers jours bûcheurs. Surtout en imposer d’emblée à ses cinq directeurs d’administration – trésor, budget, douanes, Tracfin , Direction générale des finances publiques –, puissantes cervelles rompues à la voltige budgétaire, et montrer à cette élite de la très haute fonction publique que c’est lui, 33 ans, diplômé de Sciences po ayant renoncé à préparer l’Éna (il rédigeait des fiches pour la campagne de François Hollande sous la houlette de Marisol Touraine , la mère d’une de ses copines de l’École alsacienne), qui décide désormais. Maîtriser d’urgence une colonne de dossiers rangés dans des chemises bleues, la déclinaison de toute la gestion budgétaire et comptable publique, l’argent qui entre et celui qui sort des caisses de l’État, des milliers de chiffres qu’il a lus en prenant des notes dans un carnet Leuchtturm. Puis recevoir un à un la quinzaine de ministres de plein exercice, chacun réclamant plus d’argent, alors que(...)


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