Pour Gabriel Attal, "faire confiance à Marine Le Pen, c'est sauter en élastique sans s'attacher"

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Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, à l'Elysée, le 5 mai 2021 (photo d'illustration) - Anne-Christine POUJOULAT © 2019 AFP
Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, à l'Elysée, le 5 mai 2021 (photo d'illustration) - Anne-Christine POUJOULAT © 2019 AFP

"Faire confiance à Marine Le Pen, c'est sauter en élastique sans s'attacher" tant ses prises de position varient "en fonction de ses interlocuteurs", a estimé ce jeudi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.
Alors que le gouvernement et la majorité sont régulièrement accusés de faire le jeu du Rassemblement national en le considérant comme leur principal adversaire, Gabriel Attal a au contraire estimé sur CNews que "les attachés de presse aujourd'hui du Rassemblement national s'appellent Eric Ciotti et le parti Les Républicains", et que la majorité présidentielle est "assez seule à combattre le Rassemblement national".

Interrogé sur un supposé manque d'attaque de LREM sur le fond des idées du RN, il a répondu qu'il "aimerait bien d'ailleurs voir le programme et le fond" du programme du parti de Marine Le Pen, accusant cette dernière de "changer d'avis et de propositions en fonction de ses interlocuteurs".

Les positions ambivalentes de Marine Le Pen critiquées

"Elle fait une interview au journal libéral L'Opinion totalement libérale, il faut rembourser la dette, etc...; elle va dans une usine, elle fait une expression trotskiste. Devant les gilets jaunes, elle dit 'y en a marre du système faut les renverser'. Aujourd'hui elle est devenue la papesse du système: elle défend le maintien de l'ENA. Et devant des musulmans elle devient amie de l'Islam, et devant ses militants, elle devient anti-islam", a-t-il accusé.

Face à "cette multiplicité de points de vue, de lignes qui n'ont rien à voir les unes avec les autres, on se dit que faire confiance à Marine Le Pen, c'est sauter en élastique en oubliant de s'attacher: on ne sait pas vers quoi on va", a estimé Gabriel Attal.

Il a aussi fait valoir que "quand vous êtes un responsable politique à la tête d'un parti comme le Rassemblement national, ex-Front national, vous portez aussi l'héritage de votre formation politique".

"Ou alors il faut qu'il y ait un vrai acte de repentance pour renier un certain nombre de valeurs, de positions" et "renier aussi un certain nombre de personnes qui font partie de ce mouvement, de son entourage, qui véhiculent encore ces idéologies-là", a-t-il estimé.

"Il est nécessaire de ne jamais oublier que le Front national est un parti multi-condamné, c'est un parti raciste, c'est un parti qui a été condamné aussi pour antisémitisme", a mis en garde ce mercredi le chef de file des députés LREM, Christophe Castaner.

Article original publié sur BFMTV.com