Gabon: l'Observatoire international des avocats en danger dénonce les poursuites contre un avocat

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Dans un communiqué, l'Observatoire international des avocats en danger dénonce la procédure engagée contre l'avocat gabonais Anges Kevin Nzigou, qui défend l'homme d'affaires Nicolas Nguema. Des poursuites qui viseraient, selon l'Observatoire, à le réduire au silence.

L'Observatoire international des avocats en danger s’inquiète pour maître Anges Kevin Nzigou. Cet avocat gabonais défend l’homme d’affaires Nicolas Nguema. Tous les deux sont opposants et membres du collectif Appel à Agir qui rassemble dix personnalités politiques et de la société civile.

Depuis le 4 décembre, Nicolas Nguema est en garde à vue dans une affaire concernant la vente d’un navire, alors que ce bateau aurait été l'objet d'une procédure de saisie initiée par l’État gabonais, ce que ses défenseurs contestent d’ailleurs. À présent, la justice voudrait entendre son avocat.

Dans un communiqué, l'Observatoire international des avocats en danger dénonce une procédure irrégulière qui ne serait qu’un prétexte pour le réduire au silence. « La communauté des avocats est terriblement inquiète parce que la procédure qui semble être menée contre notre confrère Nzigou est dénuée de tout fondement, affirme Richard Sedillot, vice-président de la commission internationale du Conseil national des barreaux. On lui reprocherait d’avoir vendu un navire saisi alors qu’il a pris absolument toutes les précautions pour s’assurer que ça n’était pas le cas en consultant le registre qui est tenu par l’autorité maritime et sur lequel les saisies sont inscrites Par ailleurs, l’autorité maritime a donné une nouvelle immatriculation au navire, ce qui est impossible si une saisie a été pratiquée. De sorte que soit l’autorité maritime a commis deux très graves erreurs, mais je pense que ça n’est pas le cas, soit aucune saisie n’était inscrite et le navire pouvait donc être librement vendu. »

« Nous sommes très inquiets : pourquoi envisage-t-on sa poursuite ? C’est pour une autre raison. Puisque nous connaissons ses engagements politiques, puisque nous connaissons sa liberté de sa parole, on peut craindre que les poursuites entamées contre lui visent à le priver de l’exercice de sa profession, ce qui est terriblement très inquiétant. »