Gabon: de plus en plus de cadres de l’opposition rejoignent le parti au pouvoir

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Au Gabon, régulièrement, des cadres de l’opposition rejoignent les rangs du PDG, parti au pouvoir, au point que certains parlent même d’une hémorragie.

Dernier en date à avoir rejoint le parti au pouvoir, ce fut le secrétaire général du parti Les Démocrates, l’une des principales forces de l’opposition. Vendredi, Vincent Ella Menié a dit quitter son mouvement par « convenance personnelle ». Le mouvement n’est pas le seul. Quasiment toutes les formations d’opposition ont constaté des départs, de quoi s’interroger avant les élections de 2023.

« Ventre affamé n’a pas d’oreille. » C’est avec cet adage que Guy Nzouba Ndama décrit le départ de certains cadres. Pour le chef du parti Les Démocrates, le pouvoir a une stratégie pour débaucher des opposants. Des départs qui, selon lui, seraient négociés contre de l’argent ou des postes. Ses anciens alliés, Jean Norbert Diramba et Jean Pierre Doukaga Kassa, sont par exemple devenus ministres.

Selon Guy Nzouba Ndama, le PDG s’assurerait notamment que les opposants travaillant dans la fonction publique n’obtiennent aucun avancement. « Le pouvoir les affame puis leur fait miroiter des fonctions », indique l’ancien président de l’Assemblée qui juge cette stratégie inefficace. Selon lui, ceux qui partent se décrédibilisent et le PDG risque des tensions internes avec d’anciens adversaires obtenant soudainement de hautes fonctions.

« Le pouvoir semble davantage s’intéresser à nos militants qu’aux siens », réagit de son côté Pierre Claver Maganga Moussavou. Le président du PSD a, lui aussi, perdu plusieurs élus. Pour l’ancien vice-président, le PDG vise « ceux qui ont une fragilité financière. Le pouvoir arrête des chantiers faute d’argent, mais n’hésite pas à dépenser pour attirer nos membres », dit-il.

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Côté pouvoir, on nie toute stratégie. « On laisse les gens venir en conscience », indique le porte-parole du PDG qui balaye les soupçons de corruption. « Ce sont des accusations sans preuves. Les opposants cherchent un bouc émissaire pour justifier leur délitement », dit David Ella Mintsa. Quant aux nominations à des postes, David Ella Mintsa estime qu’on n’est « pas dans un partage de gâteau. Le président fait preuve d’ouverture. Ces opposants ont le droit de participer au développement », selon lui.

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