Exclusif/G7: Biden va pousser les alliés à agir contre le travail forcé en Chine, dit un conseiller

par Andrea Shalal et Trevor Hunnicutt
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G7: BIDEN VA POUSSER LES ALLIÉS À AGIR CONTRE LE TRAVAIL FORCÉ EN CHINE, DIT UN CONSEILLER

par Andrea Shalal et Trevor Hunnicutt

WASHINGTON (Reuters) - Les États-Unis vont demander à leurs alliés du Groupe des Sept d'accroître la pression sur la Chine concernant le recours au travail forcé dans la province du Xinjiang, dans le nord-ouest du pays, où vit la minorité musulmane ouïgoure, a déclaré vendredi un haut responsable de l'administration américaine.

Le président américain Joe Biden assistera en personne à une réunion du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Grande-Bretagne, France, Italie et Canada) en Grande-Bretagne en juin, où il devrait mettre l'accent sur ce qu'il considère comme une rivalité stratégique entre les démocraties et les états autocratiques, en particulier la Chine.

Daleep Singh, conseiller à la Maison blanche, a déclaré que la réunion du G7 en Cornouailles serait axée sur la sécurité sanitaire, la réponse économique synchronisée à la pandémie de COVID-19, les actions concrètes sur le changement climatique et "l'élévation des valeurs démocratiques partagées au sein du G7."

"Il s'agit d'alliés partageant les mêmes idées, et nous voulons prendre des mesures tangibles et concrètes qui montrent notre volonté de nous coordonner face aux économies n’ayant pas le statut d'économie de marché, comme la Chine", a déclaré Daleep Singh.

Dans une interview à Reuters, le conseiller a indiqué que "le défi pour le G7 est de montrer que les sociétés ouvertes, les sociétés démocratiques ont encore les meilleures chances de résoudre les plus grands problèmes de notre monde, et que les autocraties ne sont pas la voie à suivre."

Daleep Singh a déclaré que Washington avait déjà pris des mesures contre la Chine en raison des violations des droits de l'homme au Xinjiang, mais qu'elle chercherait à poursuivre cet effort avec les alliés du G7. Des sanctions conjointes contre des responsables chinois accusés d'abus dans la province ont été annoncées le mois dernier par les États-Unis, l'Union européenne, la Grande-Bretagne et le Canada.

La Chine nie toutes les accusations d'abus et a répondu par des mesures punitives à l'encontre de l'UE.

Daleep Singh a déclaré que les détails étaient encore en cours d'élaboration, mais que le sommet offrait aux alliés des États-Unis l'occasion de montrer leur solidarité sur cette question.

"Nous avons clairement fait savoir que nos consommateurs méritent de savoir quand les produits qu'ils importent sont fabriqués en recourant au travail forcé", a-t-il déclaré.

Les activistes et les experts de l'Onu affirment qu'au moins un million de musulmans ont été détenus dans des camps au Xinjiang. Les militants et certains hommes politiques occidentaux accusent la Chine de recourir à la torture, au travail et à la stérilisation forcés. La Chine affirme que ses camps offrent une formation professionnelle et sont nécessaires pour lutter contre l'extrémisme.

La Maison-Blanche a indiqué vendredi que Joe Biden se rendra au Royaume-Uni et en Belgique en juin pour son premier voyage à l'étranger depuis son entrée en fonction, et qu'il participera notamment au sommet du G7 à Cornwall, au Royaume-Uni, du 11 au 13 juin.

(version française Camille Raynaud)