Gérard Leclerc: «Ne faisons pas de Mgr Barbarin un bouc-émissaire»

Leclerc, Gérard
/ JEFF PACHOUD/AFP

FIGAROVOX/TRIBUNE - L’avocat général a demandé la relaxe du Cardinal Barbarin, condamné en première instance pour non-dénonciation d’agressions sexuelles. Le journaliste Gérard Leclerc décrypte les enjeux de ce procès hautement symbolique.

Gérard Leclerc est journaliste et éditorialiste à France Catholique et sur les ondes de Radio Notre-Dame. Il a récemment publié Sous les pavés, l’Esprit (Salvator, 2018).

Il faudra attendre la fin du mois de janvier pour connaître le verdict du second procès Barbarin. Curieusement les médias ont été beaucoup plus discrets sur lui que sur le précédent. Sans doute, n’y avait-il plus la même intensité d’image, la même possibilité d’hallali. Un cardinal sur le banc des prévenus, c’était tout de même un spectacle à ne pas rater, d’autant que sa mise en accusation était lourde d’arrière-pensées. N’était-ce pas l’institution Église qui était sur le point de vaciller, sa légitimité, sa prétention à dire le bien et à désigner le mal?

Mais il y avait d’abord la réalité judiciaire dont le cadre et la procédure résistent malgré tout aux débordements spectaculaires. Le cardinal Barbarin devait d’ailleurs lui rendre hommage. Surtout, ce premier procès était celui des victimes qui enfin parlaient, osaient parler publiquement. Ce fut, aux dires de tous les témoins, saisissant, accablant. Mais l’accablement devait-il retomber sur les seules épaules de l’archevêque de Lyon? Sans doute, oui, parce qu’il était le principal accusé et qu’au terme d’une telle accumulation d’horreurs, on ne pouvait le laisser sortir indemne du prétoire. Pouvait-il échapper à une peine, même symbolique? On ne l’aurait pas compris.

Cependant, on ne pouvait s’empêcher de poser la question, pour peu qu’on ne se laisse pas complètement entraîner par la seule émotion: ce premier procès n’avait-il pas été, de fait, un procès Preynat, dont le présumé coupable était Philippe Barbarin, en l’absence de l’intéressé, non encore jugé? C’était d’ailleurs l’intention proclamée (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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