Gérard Larcher donne finalement son blanc-seing à un report des régionales au mois de juin

Jules Pecnard avec AFP
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Gérard Larcher et Emmanuel Macron.
 - Ludovic Marin - AFP
Gérard Larcher et Emmanuel Macron. - Ludovic Marin - AFP

La tonalité a changé depuis l'été. "Tous ceux qui tentent de bouger, sauf motif majeur, les calendriers électoraux, ça se retourne contre les auteurs", déclarait Gérard Larcher à la mi-juillet sur France Inter. Initialement très réservé sur toute idée de report des régionales en raison de l'épidémie de Covid-19, le président Les Républicains du Sénat a finalement donné son blanc-seing à la tenue du scrutin en juin 2021.

Vendredi, la commission dirigée par l'ancien président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré, doit rendre son rapport à Jean Castex sur les modalités de cet éventuel report, qui semble de plus en plus certain d'avoir lieu, compte tenu de l'évolution de l'épidémie et de l'incapacité à faire campagne normalement. Cela correspondrait à la volonté exprimée par plusieurs poids lourds de la macronie, comme Richard Ferrand ou François Bayrou.

"Sécuriser le vote"

Gérard Larcher, qui a reçu Jean-Louis Debré au Sénat le 28 octobre, estime dans un entretien au Figaro qu'il "faut que nous nous préparions à l'éventualité de voter 'en vivant avec le virus'".

"Même si le respect des dates est préférable en démocratie, je ne suis pas opposé à un report du scrutin à la fin du printemps pour des raisons sanitaires", ajoute-t-il.

Il souligne toutefois avoir "dit au président de la République et au Premier ministre" que cela doit être fait "sans arrière-pensée":

"Le temps n'est pas aux calculs politiques, mais à l'expression apaisée de la démocratie dans un univers sanitaire, économique et social compliqué".

Pour un scrutin avant l'été, "il faut créer les conditions de l'apaisement", juge le sénateur des Yvelines. D'après lui, "il faut sécuriser le vote, étudier la possibilité de doubles procurations, travailler sur le vote par correspondance et l'organisation matérielle des scrutins".

Comptes de campagne

Gérard Larcher appelle aussi à "réfléchir aux conditions de la campagne électorale qui doit avoir lieu et aux comptes de campagne". Ceux-ci pourraient en effet télescoper ceux de la campagne pour la présidentielle, qui aurait lieu quelques mois plus tard. Or, quelqu'un comme Xavier Bertrand par exemple, avant d'être le candidat putatif de la droite pour cette échéance, brigue sa propre réélection à la tête de la région Hauts-de-France.

Le président du Sénat critique par ailleurs de nouveau "la gestion erratique de la première vague et l'impréparation du déconfinement" par le gouvernement. Il considère que "si on constate que les choses ne s'améliorent pas, il faudra prendre de nouvelles mesures" pour tenter de freiner l'épidémie, et juge qu'"on ne pourrait pas confiner les seniors sans en débattre devant le Parlement car c'est une discrimination".

"Respecter le temps démocratique"

Le président de LR Christian Jacob a de son côté estimé que "si les conditions sanitaires l'imposent, on pourrait en effet décaler de quelques semaines" ce qui "ne serait pas un drame".

Mais "il faut assumer et respecter le temps démocratique" et penser aux "conséquences économiques" car régions et départements "ont des compétences qui touchent au quotidien des Français", a affirmé le député de Seine-et-Marne à des journalistes.

Gérard Larcher et Christian Jacob s'étaient vu reprocher, lors de la première vague de Covid, d'avoir pesé pour maintenir la date du premier tour des municipales en mars. Ils avaient ensuite invoqué un manque d'information de la part du gouvernement pour justifier leur position.

Article original publié sur BFMTV.com