Le géographe Guillaume Faburel veut « en finir avec les grandes villes »

GoodPlanet Mag
·2 min de lecture

En quoi, le modèle de la grande ville ou de la métropole montre ses limites ?

La limite principale des grandes villes est d’ordre écologique car, très logiquement, la surdensité crée de l’artificialité, néfaste à l’écosystème planétaire. La métropolisation et l’urbanisation du monde ont des impacts considérables sur notre maison commune qu’est la Terre, au point que je n’hésite pas à les assimiler à une forme d’écocide. De plus, et cela est connu depuis longtemps, les grandes villes génèrent des problèmes sociaux délétères. Elles évincent les plus faibles, excluent les plus précaires ou encore assignent les classes populaires au béton armé.Quels impacts ont les grandes villes sur nous ?

Il existe aujourd’hui plus de 600 villes où la population dépasse le million d’habitants. Le processus d’urbanisation planétaire s’est accéléré ces 30 dernières années et il devrait y avoir 45 métropoles de plus de 10 millions d’habitants d’ici 2030 ! Or, vivre en ville encastre en nous des manières d’être et des modes de vie anti-écologiques. Depuis un demi-siècle, la grande ville écrit un récit commun qui nous a déliés du vivant, raison pour laquelle le ralentissement ou la relocalisation apparaissent de plus en plus réclamés, et pas seulement depuis la pandémie. D’un point de vue écologique et anthropologique, il faut maintenant démanteler les grandes concentrations urbaines.

Quartier commerçant à Tokyo, Honshu, Japon (35°42' N - 139°46' E). © Yann Arthus-Bertrand, tous droits réservés
Quartier commerçant à Tokyo, Honshu, Japon (35°42' N - 139°46' E). © Yann Arthus-Bertrand, tous droits réservés

Et, d’un point de vue politique, avec quelques centaines de milliers d’habitants, l’individu se retrouve dépossédé d’un pouvoir direct d’action. Le politique devient alors gestionnaire de l’existant, ou mène des actions cosmétiques. La vie en ville reste, par effet de densité, dépendante et contrainte par une somme considérable de dispositifs techniques et urbanistiques, tout ceci pour satisfaire des besoins vitaux tels que manger, s’aérer et même, en ces temps troublés, respirer. La grandeur...

> Lire la suite sur Futura