Le génome d'une plante ressuscitée séquencé pour la première fois

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En 2020, des chercheurs avaient réussi à faire germer des graines âgées de 2.000 ans d’un dattier de Judée, Phoenix dactylifera (voir notre précédent article, ci-dessous). Aujourd’hui, des chercheurs de l'université de New York ont séquencé le génome de certains de ces palmiers, réalisant ainsi le premier séquençage d’une espèce « ressuscitée ».

« Par chance, les graines de palmier-dattier vivent très longtemps et peuvent germer avec un minimum de dommages à l'ADN, dans l'environnement sec de la région, se félicite Michael D. Purugganan, qui a dirigé l'étude publiée dans PNAS. En ravivant du matériel biologique tel que les graines anciennes, nous pouvons non seulement étudier les génomes des populations perdues, mais aussi, dans certains cas, redécouvrir des gènes qui peuvent avoir disparu dans les variétés modernes. »

Répartition des palmiers-dattiers Phoenix dactylifera et Phoenix theophrasti. Le rectangle dans la région du Levant méridional (en rose) indique l’endroit où les graines ont été trouvées. © Muriel Gros-Balthazard et al., PNAS, 2021
Répartition des palmiers-dattiers Phoenix dactylifera et Phoenix theophrasti. Le rectangle dans la région du Levant méridional (en rose) indique l’endroit où les graines ont été trouvées. © Muriel Gros-Balthazard et al., PNAS, 2021

Ce qui est assez fascinant dans ce cas précis, c’est que les chercheurs ont pu retracer l'influence croissante de l'Empire romain dans la région du Levant à partir de ces graines. L’article montre que le génome du palmier de Judée a commencé à intégrer de plus en plus de gènes de palmiers de Crète (Phoenix theophrasti) entre le IVe siècle avant J.-C. et le IIe siècle après J.-C. « Les palmiers-dattiers de Judée ont probablement recueilli ces gènes étrangers à mesure que l'Empire romain s'étendait au Moyen-Orient, apportant avec eux des dattes et des graines des îles grecques. Cela peut avoir conduit à l'hybridation des deux espèces », décrit Michael Purugganan.

La « génomique de la résurrection » risque toutefois d’être assez limitée, car les échantillons comprenant de l’ADN suffisamment intact sont très rares. Et lorsqu’on dispose d’un seul spécimen, on ne peut pas être sûr que son génome soit représentatif de toute l’espèce.

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