Le géant de l'édition Jean-Claude Fasquelle est mort à 90 ans

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C'est la figure même du grand éditeur à l'ancienne, taciturne et boulimique de lectures, qui disparaît avec Jean-Claude Fasquelle. Issu d'une véritable dynastie du livre – les éditions Fasquelle ont publié Zola, Flaubert, Maupassant… –, ce géant – au propre comme au figuré – a succédé voilà quarante ans à Bernard Privat comme président-directeur général de la maison Grasset, qui a alors pris le nom de Grasset & Fasquelle.

Toujours sanglé dans ses costumes croisés, un peu guindé, parfaitement courtois, Jean-Claude Fasquelle avait su rendre mythique sa nature taiseuse – quelques mots lui suffisaient pour juger d'un manuscrit – et cette façon unique de s'interrompre au milieu de ses phrases, sans que jamais l'on ne sache si c'était par distraction ou par suprême stratégie. Car son interlocuteur avait alors tendance à lui suggérer la fin de la phrase ainsi interrompue.

Le monde des lettres est en deuil de ces silences

Après un nouveau silence, Fasquelle faisait entendre trois mots : "Pas du tout." Un petit art martial verbal grâce auquel il reprenait l'ascendant et qui était entré dans la légende de Saint-Germain-des-Prés. Le monde des lettres est en deuil de ces silences. De même que des fêtes courues du Tout-Paris qu'il donnait dans sa maison du square Vergennes avec son épouse Nicky.

Ou de la maestria avec laquelle il s'amusait à tirer les ficelles des prix littéraires depuis leur villégiature de Cadaqués. Il y a un an, son épouse avait été emportée par la première vague du Cov...


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