Comment le gène APOE4 agit sur le cholestérol et peut déclencher la maladie d'Alzheimer

JACOPIN / BSIP / BSIP via AFP

Une équipe vient de comprendre comment le gène APOE4, facteur de risque le plus connu de la maladie d'Alzheimer, agit sur le cholestérol dans le cerveau et entraîne des déficits cognitifs.

Le gène APOE4 est le facteur de risque le plus important connu à ce jour pour Alzheimer. Posséder une copie de ce gène dans son ADN augmente le risque par trois de développer la maladie au cours de la vie. Deux copies augmentent le risque de... 8 à 12 fois. Le mécanisme d'action de ce gène, qui jusqu'à présent était mal compris, vient d'être en partie mis à jour dans une étude du MIT publiée dans Nature. Au cœur du processus : une mauvaise distribution du cholestérol dans le cerveau, responsable de la baisse des fonctions cognitives.

En observant le cortex préfrontal - le centre cognitif du cerveau - de 32 personnes décédées, les chercheurs du MIT ont observé une différence entre ceux porteurs du gène APOE4 et les autres. Plusieurs lipides semblaient être mal métabolisés. Le cholestérol en particulier semblait mal traité par les oligodendrocytes, des cellules de soutien du système nerveux central. Leur rôle est de créer la myéline, la gaine composée de lipides qui entoure les neurones et permet le passage du courant électrique.

Le signal électrique rompu

"Les oligodendrocytes utilisent le cholestérol pour synthétiser la myéline et créer les différentes couches qui isolent les neurones. C'est d'ailleurs là que se trouve la quasi-entièreté du cholestérol dans notre cerveau en temps normal. Mais chez les porteurs du gène APOE4, nous nous sommes aperçus que le cholestérol s'accumulait dans le réticulum endoplasmique (un réseau de tubules de membranes situé dans une cellule, ndlr)", explique la Dr Li-Huei Tsai, neuroscientifique au Massachusetts Institute of Technology (MIT) à Sciences et Avenir.

"Lorsque les oligodendrocytes ne parviennent plus à transporter le cholestérol, cela diminue leur capacité à synthétiser la myéline." Sans leur gaine de myéline, le signal électrique ne circule plus dans les neurones. "C'est la myéline qui permet aux signaux électriques de se déplacer vite, d'arriver au bon endroit dans le cerveau, malgré parfois de longues distances à parcourir[...]

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