Les futurs climatiques possibles en France réévalués

Frederic Scheiber / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

La France se réchauffe et se réchauffera plus fortement que la moyenne planétaire, avec à la clé des implications considérables.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°911, daté janvier 2023.

Les futurs climatiques possibles en France viennent d'être réévalués sur la base des derniers résultats de modèles de climat et de nouvelles méthodes statistiques qui les combinent avec les observations les plus récentes permettant de réduire les incertitudes.

Il est urgent d'engager des stratégies

Le scénario tendanciel - celui de la poursuite des politiques climatiques actuelles dans le monde - nous conduirait à un réchauffement annuel de 2,7 °C (plus ou moins 0,5 °C) à l'horizon 2050 et de 3,8 °C (plus ou moins 1 °C) pour 2100 par rapport au début du 20e siècle (1900-1930). Il est déjà de 1,7 °C sur la dernière décennie (2010-2019).

La France se réchauffe et se réchauffera plus fortement que la moyenne planétaire. Les implications sont considérables en matière d'adaptation aux effets du changement climatique, en particulier aux tensions sur la ressource en eau et aux chaleurs extrêmes. Il est urgent d'engager des stratégies cohérentes et coordonnées entre tous les secteurs pour assurer anticipation et résilience face à des risques qui seront très marqués : un seuil minimum de 4° C de réchauffement sur la France est à considérer pour être a la hauteur des enjeux d'adaptation.

Certains écosystèmes ne pourront pas s'adapter

Certains écosystèmes terrestres et marins ne pourront pas s'accommoder d'un tel réchauffement, impliquant des modifications irréversibles des paysages mais aussi des pratiques agricoles, qu'il faut accompagner dès maintenant. Les discours qui continuent à qualifier d'alarmistes les climatologues informant sur une situation de plus en plus critique sont plus que jamais irresponsables.

Par Christophe Cassou, directeur de recherche au CNRS, auteur principal du 6e rapport du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), groupe 1. Et Céline Guivarch, directrice de recherche à l'École des ponts, auteure principale du 6e rapport du Gie[...]

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