Futuro Antico, fin de la traversée du désert

Libération.fr

Réédition de deux albums du groupe psyché italo-burkinabé.

Si la musique psychédélique a rapidement - dès 1966 et le «East-West» du Paul Butterfield Blues Band - louché vers l’Orient et le fantasme conjugué du raga indien et des opioïdes, rares sont les tentatives qui l’ont liée à l’Afrique : dans les faits, ce sont les musiciens psyché italiens qui, proximité géographique oblige, ont les premiers jeté un pont dans les années 70, attirés par les grandes étendues désertiques et hallucinatoires mais aussi parce qu’ils y retrouvaient une netteté proche d’un minimalisme qu’ils chérissaient tous. Si l’extraordinaire Sulle corde di Aries de Franco Battiato est la pierre de touche du genre, les rééditions du label Black Sweat Records qui nous occupent aujourd’hui pèsent très, très lourd : les deux albums du groupe Futuro Antico, formation réunissant deux musiciens italiens, dont un authentique architecte (Riccardo Sinigaglia), et le guitariste et joueur de luth burkinabé Gabin Dabiré.

Si le second album, Dai primitivi all’elettronica (1980) a le plus souvent été exhumé par les fans de musique proto-électronique, c’est surtout le premier disque du groupe, sans titre et sorti la même année, qui fait voyager : les longs développements s’enroulent derrière la ligne d’horizon, minéralisant la musique et faussant la perception - il n’est de psyché sans illusion créée.



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