Fusion PSA/Fiat: "pas de nécessité de supprimer des marques", assure Tavares

Le patron du groupe PSA Peugeot Citroen, Carlos Tavares, lors d'une conférence de presse à Francfort le 11 septembre 2019

Paris (AFP) - Le patron du constructeur automobile français PSA, Carlos Tavares, a affirmé vendredi qu'il ne voyait "pas de nécessité de supprimer des marques" dans la future entité qui découlera de la fusion envisagée avec l'italo-américain Fiat Chrysler (FCA), tout en réitérant son intention de ne pas fermer d'usines.

La semaine dernière PSA et Fiat-Chrysler ont annoncé être tombés d'accord sur le principe d'une fusion pour créer un géant mondial de l'automobile. La nouvelle entité deviendrait le n°4 mondial du secteur avec 8,7 millions de véhicules vendus par an sous les marques Fiat, Alfa Romeo, Chrysler, Citroën, Dodge, DS, Jeep, Lancia, Maserati, Opel, Peugeot et Vauxhall.

Pointant un nombre de marques "important", M. Tavares a reconnu que l'un des enjeux serait de "bien gérer leur complémentarité". "Je ne vois pas de nécessité de supprimer des marques car elles ont toutes leur histoire et toutes leur force", a-t-il ajouté, dans une interview sur le plateau de BFM Business.

Carlos Tavares a également confirmé qu'aucune fermeture d'usine n'était prévue, citant l'exemple du rachat d'Opel en 2017.

"Lorsque nous avons pris le contrôle d'Opel, la situation était bien plus critique. Avec Opel, nous sortions de 20 ans de pertes accumulées et nous avons su redresser cette entreprise sans fermeture de site. Là, FCA est une entreprise en bonne santé", a-t-il indiqué.

M. Tavares a néanmoins pointé "l'inflation" de réglementations "absolument considérable" en Europe qui crée une "augmentation des coûts" pour les constructeurs automobiles. "Les marges dans l'industrie automobile sont en permanence sous pression et il faut en permanence chercher la productivité", a-t-il expliqué, sans répondre précisément sur d'éventuelles suppressions de postes.

PSA et FCA ont évalué à 3,7 milliards d'euros les économies générées par leur rapprochement, pour une société dont le chiffre d'affaires consolidé est évalué à 170 milliards d'euros.

"Il faut se préparer en diluant (dans un groupe plus important, NDLR) les énormes coûts de recherche et développement que nous avons en ce moment et en nous donnant un effet volume sur l'achat des éléments électriques notamment des batteries", a affirmé M. Tavares pour justifier le projet de fusion, estimant à plus de "cinq milliards d'euros" les investissements technologiques nécessaires sur dix ans.