Fusillade au Texas: la police sous le feu des critiques, des parents des victimes en colère

L'école élementaire Robb d'Uvalde, au Texas, le 26 mai 2022 - allison dinner / AFP
L'école élementaire Robb d'Uvalde, au Texas, le 26 mai 2022 - allison dinner / AFP

La police américaine a-t-elle mis trop de temps à intervenir dans l'école d'Uvalde ce mardi, où un adolescent de 18 ans a tué au moins 19 enfants et deux enseignantes? Plus de 48 heures après le drame, plusieurs zones d'ombre restent encore à éclaircir, mais les autorités ont apporté ce jeudi de nouveaux éléments concernant le déroulé de cette matinée d'horreur du 24 mai 2022.

Contrairement à ce qui avait été indiqué par un représentant du Département de la sécurité de l'État du Texas (DPS), Salvador Ramos, l'auteur de la fusillade, n'a croisé aucun policier avant d'entrer dans l'école autour de 11h40.

Avant de pénétrer dans l'établissement, le jeune homme de 18 ans tire sur l'école. Ce n'est que quatre minutes plus tard que trois premiers agents de police arrivent sur place, selon Victor Escalon, le directeur régional du DPS.

Le tireur abattu une heure après son entrée dans l'école

Des coups de feu sont alors échangés avec le tireur, qui se barricade dans une salle de classe. Les policiers demandent du renfort, et "c'est là que le carnage commence", selon les propos rapportés par l'AFP du chef du département de la sécurité publique du Texas, Steven Mc Craw.

"Environ une heure" après l'entrée de Salvador Ramos dans l'école, il est tué par une unité d'élite de la police aux frontières. (Uvalde, la ville où a eu lieu le drame, est à 90 kilomètres de la frontière avec le Mexique).

Pendant cette heure, la police a brisé les vitres des autres classes et a évacué des élèves et des enseignants. Mais beaucoup s'interrogent: pourquoi les autorités ne sont pas intervenues plus tôt pour neutraliser le tireur?

Auprès de CNN, Victor Luna, parent d'un élève qui a survécu au drame, a expliqué qu'il avait proposé à la police d'entrer lui-même dans l'établissement.

"J'ai dit à l'un des officiers que s'ils ne voulaient pas y aller, ils pouvaient me laissent emprunter une arme et un gilet pare-balles pour que j'y aille moi-même. Et ils m'ont dit non", a-t-il déclaré.

Les policiers "n'étaient pas préparés"

Plusieurs vidéos tournées au moment de la fusillade et diffusées ces dernières heures montrent des parents et des habitants d'Uvalde en colère devant l'école, suppliant les premiers policiers arrivés sur place d'intervenir.

"Allez-y! Allez-y!" lance ainsi Juan Carranza, 24 ans, et qui a tout vu depuis sa maison, à proximité de l'école. Javier Cazares, qui a perdu sa fille Jacklyn dans la tuerie, raconte à l'agence Associated Press qu'il est arrivé devant l'établissement dès qu'il a eu connaissance du drame, et que la police n'était à ce moment-là pas entrée dans l'école.

"Allons à l'intérieur parce que les flics ne font pas ce qu'ils sont censés faire", a-t-il dit à plusieurs personnes qui attendaient devant l'école. "Plus aurait pu être fait", résume-t-il auprès de nos confrères. Selon Javier Cazares, les policiers "n'étaient pas préparés." 876450610001_6306838428112

La police du Texas se défend

Ce jeudi soir, le porte-parole du Département de la sécurité de l'État du Texas a défendu les agents de police, affirmant que ceux présents sur place "ont sauvé des vies."

"Si les policiers n'avaient pas maintenu leur présence [et contraint Salvador Ramos à se barricader dans une salle de classe], le tireur aurait pu se rendre dans d'autres salles et tuer" plus d'enfants, selon Chris Olivarez, qui a répondu aux questions de nos confrères de CNN.

Ce lieutenant explique que, lorsque ses premiers collègues arrivent en renfort sur place, "ils ne savent pas où est le tireur" dans l'établissement. "Ils entendent des coups de feu, ils reçoivent des coups de feu." S'ils pénétraient dans le bâtiment "sans savoir où se trouvait le suspect, ils auraient pu être tués (...) et le tireur aurait pu tuer d'autres personnes à l'intérieur de l'école."

Les agents "ont élaboré un plan. Ils sont entrés dans la salle de classe et ils ont résolu cela aussi rapidement qu'ils pouvaient", a affirmé le chef de la police aux frontières, Raul Ortiz.

Article original publié sur BFMTV.com

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