La fusée SLS de la mission Artemis a aussi une date de péremption

La fusée Artemis I de la NASA sur la rampe de lancement 39-B au Kennedy Space Center le 03 septembre 2022 à Cap Canaveral, en Floride.
KEVIN DIETSCH / Getty Images via AFP La fusée Artemis I de la NASA sur la rampe de lancement 39-B au Kennedy Space Center le 03 septembre 2022 à Cap Canaveral, en Floride.

ESPACE - La fusée SLS de la mission Artemis peine vraiment à décoller. Après trois tentatives de lancements ratés, une nouvelle fenêtre de tir s’ouvre ce mercredi 16 novembre ; mais si elle n’est pas couronnée de succès, elle pourrait rester longtemps sur le pas de tir un long moment car même les fusées ont des dates de péremption.

Pourquoi ? Lors d’une conférence de presse le 3 novembre dernier, Cliff Lanham, principal responsable de l’exploitation des véhicules pour l’Exploration Ground System (programme du centre spatial Kennedy en Floride) affirmait qu’au moment où chaque élément de la fusée commence à être empilé, une date de validité de ces éléments est à prendre en compte.

Date limite le 14 décembre

Dans le cas de la mission Artemis, le délai des boosters était initialement de 12 mois mais cela a été revu à la hausse, passant de 12 à 23 mois. Problème, ces 23 mois s’achèvent début décembre. Certains éléments des boosters principaux de la fusée vont devenir obsolètes les 9 et 14 décembre prochains.

D’ici là, la Nasa ne pourra pas multiplier les tentatives. Un calendrier a été réalisé par l’agence américaine afin d’anticiper les dates de lancement possibles selon de multiples critères. Il y a la météo mais aussi l’alignement des astres car pour déposer la capsule Orio dans l’orbite de la Lune, il faut un bon alignement de la Terre avec la lune. Si la fusée n’a pas décolé dans cette fenêtre qui se referme le 19 novembre, il ne restera que celle allant du 22 au 25 novembre. Si la fusée ne décolle pas avant la date butoir du 14 décembre, le lancement sera alors reporté à 2023.

Et les règles ne s’arrêtent pas là. La Nasa ne peut pas aller au-delà de trois tentatives de lancement par semaine. L’agence américaine explique qu’il doit y avoir un délai de 48 heures entre le premier et le deuxième essai puis un délai de 72 heures entre le deuxième et le troisième.

Artemis accumule les coups durs depuis 10 ans

Si Artemis essuie plusieurs échecs depuis la date initiale du 29 août, les problèmes autour de cette mission ne datent pas d’hier. La fusée Space Launch System d’Artemis était en construction depuis 2011 et était estimée à cette époque à 10 milliards de dollars. À ce moment-là, la Nasa prévoyait un lancement en 2016 mais plusieurs obstacles ont barré la route du développeur : problèmes budgétaires et coûts de construction non anticipés ou encore changements de conception de la fusée qui font craindre une facture qui pourrait dépasser les plusieurs centaines de millions de dollars.

Depuis 2016, la mission a été retardée chaque année jusqu’en 2022. Entre-temps, la mission a pris tout de même des rides. D’autres constructeurs comme Space X se sont largement imposés dans la course à l’espace et cela n’est pas passé inaperçu aux yeux de la Nasa. Pour ces raisons, l’agence américaine envisage d’ailleurs d’aluner ces astronautes avec l’aide de la société d’Elon Musk et de son vaisseau spatial Starship pour Artemis 3.

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