Funérailles d'Elizabeth II: les chefs d'État respecteront-ils la sobriété dans leur déplacement?

Des Britanniques se recueillent devant le cercueil de la reine Elizabeth II.  - Chip Somodevilla / POOL / AFP
Des Britanniques se recueillent devant le cercueil de la reine Elizabeth II. - Chip Somodevilla / POOL / AFP

Les consignes seront-elles respectées par les différents chefs d'Etat? Le ministère des affaires étrangères britannique a envoyé un document officiel aux dirigeants du monde, les incitant à la sobriété dans leur déplacement pour se rendre aux funérailles de la reine ce lundi 19 septembre.

"Le Service Funéraire Royal encourage l'utilisation de vols commerciaux dans la mesure du possible", peut-on lire dans la note adressée aux ambassades le 10 septembre, précisant que le gouvernement britannique paierait le voyage des invités en classe VIP à l'aller et au retour.

Plus insolite encore: les chefs d'Etat devraient avoir à utiliser un autocar pour atteindre l'abbaye de Westminster où auront lieu les funérailles, en plein coeur de Londres. Les véhicules personnels devant être laissés sur un parking de l'ouest londonien.

Dispositif ultra-sécurisé pour Joe Biden

Pour autant, si la scène peut prêter à sourire, il est d'ores et déjà acquis que ces consignes ne seront pas respectées par une partie des chefs d'Etat qui feront le déplacement. C'est le cas notamment du président américain Joe Biden.

"Il traversera l'Atlantique à bord de son avion présidentiel Air Force 1", explique Antoine Heulard, correspondant de BFMTV à Washington. "ll y a toujours un protocole de sécurité ultra-impressionnant, prendre un vol commercial est tout simplement impossible. Même chose une fois à Londres, Joe Biden se déplacera dans son véhicule blindé, sa limousine acheminée en amont par un vol militaire, l'option du bus n'a même pas été envisagée."

Le cortège du président américain lors de ses déplacements est en effet impressionnant, composé de plusieurs dizaines de voitures, dont un véhicule chargé de brouiller les communications pour éviter l'activation d'une éventuelle bombe à distance. Par ailleurs, Joe Biden sera escorté par 400 agents du secret service pendant son séjour londonien.

Avions présidentiels

Plusieurs autres ambassades ont déjà demandé à faire exception de ce protocole de sobriété, dont celle d'Israël ou du Japon. Emmanuel Macron, lui, prendra bien un avion de la présidence pour se rendre à Londres, afin de respecter notamment son agenda très chargé des prochains jours. En revanche, pour la question du bus, l'Elysée affirme que les modalités sont en cours de calage et que rien n'a encore été fixé.

Du côté de l'Espagne, le couple royal Felipe VI et Letizia prendra l'avion également, accompagné de l'ancienne reine Sofia et du ministre des affaires étrangères espagnol.

"Les quatre monteront donc dans l'un des cinq Falcon à disposition de la famille royale et du gouvernement. Mais l'ancien roi d'Espagne Juan Carlos, qui a abdiqué en 2014, réside lui à Abou Dhabi. Il prendra un avion de ligne à l'aller et au retour", détaille Mathieu de Taillac, correspondant de BFMTV à Madrid.

Le train pour Ursula von der Leyen

Les bons élèves de la sobriété sont plutôt à retrouver du côté de Bruxelles. Le roi et la reine de Belgique devraient se rendre à Londres en train, en Eurostar, tout comme Ursula von der Leye, la présidente de la Commission européenne et Charles Michel, le président du Conseil. Ils ont également fait savoir qu'ils se conformeront à l'organisation londonienne sur place, ce qui laisse imaginer un voyage en bus dans les rues de la capitale.

Avec ces consignes très particulières, un énorme défi de sécurité attend Londres. Plus que les Jeux olympiques ou le jubilé de platine de la Reine, ces funérailles seront sans doute l'opération policière et de maintien de l'ordre la plus importante jamais mise sur pied au Royaume-Uni.

Article original publié sur BFMTV.com