"Fukushima, chronique d’un accident sans fin" : la BD de Bertrand Galic nous plonge dans l'enfer de la centrale

Comment se sont passés les premiers jours qui ont suivi la catastrophe nucléaire de Fukushima survenue le 11 mars 2011 ? Quelles ont été les réactions du personnel ? Quelles décisions ont été prises par le directeur ? Quelles en ont été les conséquences ? Cette bande dessinée entraîne les lecteurs dans un récit haletant dans lequel se mélangent fiction et faits réels.Pour raconter l'enfer au sein de la centrale, l'auteur Bertrand Galic a réalisé un travail d'enquête à partir des auditions du directeur de la centrale, de rapports et de photos. Il voulait que l'histoire colle le plus possible à la réalité. "Je me suis appliqué à suivre la chronologie de manière très rigoureuse. J'y tenais absolument car je ne voulais pas être pris en défaut là-dessus et donc la trame narratrice secondaire, les récits parallèles des personnages fictifs viennent épouser parfaitement cette chronologie. On rentre bien dans le cadre d'une fiction documentée". Le directeur de la centrale, personnage central Masao Yoshida, le directeur de la centrale de Fukushima est le personnage central de l'histoire. L'homme, aujourd'hui décédé, a pris des décisions cruciales, qui ont sans doute permis d'éviter une catastrophe bien plus importante, en dépit de l'avis de ses supérieurs. "Il n'a pas évité la catastrophe, il a évité l'apocalypse. Pa exemple, lorsqu'il décide d'envoyer de l'eau de mer dans le bâtiment du réacteur numéro 1 parce qu'il faut refroidir le coeur, il prend une décision qui devait être prise, contre l'avis de ses supérieurs et il sauve ce qui peut encore être sauvé."Avec cet album, Bertrand Galic rend une forme d'hommage à Masao Yoshida et au reste du personnel qui était dans la centrale au moment du drame. "Ce qui m'a beaucoup touché, c'est le courage, le don de soi de ces personnes. Le Japon, et même le monde, leur doivent une fière chandelle."La bande dessinée, sortie le 3 mars 2021, connaît un très beau démarrage. Les éditions Glénat ont déjà décidé de réimprimer 5 000 albums pour éviter une rupture de stock. 16 000 exemplaires sont déjà en vente.