“La fuite accidentelle du virus est très improbable”, selon Olivier Reynard, chercheur au laboratoire P4 de Lyon

Pour ses recherches consacrées au virus Ebola ou à la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, Olivier Reynard travaille fréquemment au sein du laboratoire P4 (Pathogène de classe 4, le plus haut niveau de confinement) Inserm-Jean Mérieux de Lyon, qui a servi de modèle aux infrastructures de Wuhan. Habitué à l’environnement ultra-sécurisé de ces laboratoires qui hébergent les agents pathogènes les plus dangereux au monde, le virologue ne croit pas à la thèse selon laquelle le coronavirus a pu s’en échapper accidentellement.

Capital : L’hypothèse d’un virus créé par l’homme est-elle plausible, selon vous ?

Olivier Reynard : La plupart des preuves que j’ai vues tendent à prouver que le coronavirus est d’origine naturelle. Il a pu passer de la chauve-souris à un autre hôte animal, peut-être le pangolin, avant d’arriver jusqu’à l’homme. A ce stade, cette thèse me paraît la seule soutenable en ce qui concerne l'origine du virus.

Capital : Lorsqu'on travaille dans un laboratoire P4, vit-on avec la crainte de laisser "échapper" un virus ?

Olivier Reynard : De par la conception de ce type de laboratoires et les règles de travail, il n’y a, a priori, aucune de possibilité de fuite. Les labos de Lyon et de Wuhan sont placés en très forte dépression (ndlr : pression de l’air négative) pour empêcher la fuite dans l’environnement de micro-organismes pathogènes. Ainsi, même une brèche importante dans la structure ne permettrait pas la fuite d'un agent pathogène.

Par ailleurs, les procédures de travail et le matériel de protection font que l’air des labos est stérile. L’aéroportage d’un virus vers l’extérieur est impossible, de par la conception de ce type de lieux et notamment le principe des douches de décontamination. Bien entendu, tout ceci est valable à condition que les procédures de biosécurité aient été respectées.

En P4, le niveau de décontamination est adapté à des virus beaucoup plus résistants

Capital : Que pensez-vous de l’hypothèse selon laquelle un chercheur, contaminé accidentellement,

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