"Fuck Donald Trump" de YG et Nipsey Hussle revient dans le top 10 sur iTunes et Spotify

Louise Wessbecher
·Journaliste cheffe de la rubrique culture, médias et divertissement
·5 min de lecture
La pochette du single "FDT" de YG et Nipsey Hussle sorti en 2016 et devenu un hymne anti-Trump (Photo: Def Jam Recordings)
La pochette du single "FDT" de YG et Nipsey Hussle sorti en 2016 et devenu un hymne anti-Trump (Photo: Def Jam Recordings)

MUSIQUE - “Fuck Donald Trump”. La vidéo où l’on voit le couple John Legend et Chrissy Teigen hocher de la tête au son de cette chanson au matin de l’élection présidentielle a été vue plus de 11 millions de fois sur Instagram. Et ces deux-là sont loin d’être les seuls Américains à avoir écouté en boucle le morceau d’YG et Nispey Hussle ce samedi 7 novembre.

Depuis le jour de l’élection le 3 novembre et jusqu’à l’annonce de la victoire de Joe Biden face à Donald Trump, le titre de rap a grimpé en flèche sur les plateformes de streaming. Le média de référence Billboard avance que les écoutes sur les plateformes de streaming ont été quadruplées, tandis que les ventes digitales ont triplé. Quatre ans après sa sortie, “FDT”, pour “Fuck Donald Trump”, est re-entré dans le top 10 des écoutes sur iTunes comme sur Spotify.

Derrière cet hymne anti-Trump, il y a les rappeurs de le côte ouest YG et Nipsey Hussle, mort dans une fusillade le 31 mars 2019 à Los Angeles. Au printemps 2016, les deux hommes avaient mis en ligne ce morceau alors que Donald Trump n’était que candidat pour un premier mandat à la Maison Blanche.

C’est notamment à l’issue d’une prestation remarquée sur la scène du festival Coachella que le titre était devenu viral. Entré n°1 du classement Spotify des 50 chansons les plus virales au lendemain du concert, le morceau est rapidement devenu le symbole du malaise entre les communautés afro-américaine et hispanique et Donald Trump.

Un hymne anti-Trump sorti en 2016

À l’époque déjà, ces communautés étaient régulièrement les cibles des sorties du candidat républicain à la Maison blanche. Nombre de ses meetings avaient ainsi été le théâtre d’affrontements entre pro et anti-Trump, comme le 11 mars à Chicago, où le candidat avait dû annuler sa réunion à la dernière minute, des militants menaçant de perturber son déroulement. Bon nombre de ces manifestants étaient de jeunes hispaniques ou faisaient partie du mouvement anti-raciste “Black Lives Matter”. Des “Fuck Donald Trump” étaient déjà entendus dans la foule.

Plus tôt dans la journée, des incidents avaient éclaté lors d’un meeting à Saint-Louis, dans le Missouri, entre supporters de Donald Trump et manifestants anti-racistes. Quelques jours avant, un manifestant noir se faisait agresser par un supporter du candidat dans un stade où il tenait une réunion publique.

La chanson de YG et Nipsey Hussle s’ouvre sur cette actualité, puisqu’elle commence avec le témoignage d’une étudiante noire d’une université de l’État de Géorgie, qui souhaitait se rendre à un meeting du candidat le 29 février 2016 mais en a été empêchée avec une trentaine d’autres étudiants noirs. Interrogée par USA Today, elle explique que le groupe, qui n’avait aucune autre intention que d’assister à la réunion, a été mis dehors à cause de sa couleur de peau.

Tout au long de leur titre, les rappeurs reviennent sur les déclarations choc de Donald Trump, notamment au sujet des Mexicains et des musulmans. Ils s’étonnent par exemple que le célèbre trafiquant de drogue El Chapo n’ait pas tenté de tuer le magnat après les propos qu’il a tenu sur les Mexicains, lorsqu’il avait estimé que ceux qui rejoignent les États-Unis “apportent avec eux la drogue”, “le crime”, et étaient “des violeurs.”

YG et Nipsey Hussle donnent aussi la parole au rappeur 2Pac, mort en 1996 et dont ils reprennent quelques phrases d’un morceau pour lui faire dire que “les États-Unis ne seraient pas les États-Unis” sans les Mexicains. Ils rappellent également que Donald Trump avait appelé à interdire l’entrée des musulmans sur le territoire américain.

Pour YG et Nipsey Hussle, la seule qualité du candidat, qu’ils comparent à un “cancer”, est de leur avoir fait “aimer Obama un peu plus”. La chanson fait référence à l’argent de Donald Trump, à son inexpérience en politique, aux quatre faillites qu’ont connu ses entreprises, à son passé d’animateur télé... et bien sûr à sa coupe de cheveux.

“On se fout des conséquences”

Surtout, les chanteurs promettent que la tenue des primaires républicaines en Californie début juin sera gênée par des manifestations anti-Trump. Pour les militants de “Black lives matter”, Los Angeles est en effet une ville symbole: c’est là qu’a été roué de coups Rodney King en 1991. L’acquittement des policiers accusés de l’avoir passé à tabac avait provoqué de violentes émeutes dans la ville en 1992. 53 personnes étaient mortes et des milliers avaient été blessées.

“Nip et moi, on parle toujours de faire quelque chose de concret à propos de ces personnalités politiques, de se montrer et dire les choses que les autres enfoirés ne disent pas, donc on est finalement allés en studio pour le dire”, expliquait YG à Billboard au moment de la sortie du morceau. “On se fout des conséquences et de tout le reste, on fera avec”, disait-il aussi à Complex dans les coulisses de Coachella.

Sur Instagram ce 7 novembre, le rappeur de Compton a fièrement partagé une vidéo, visionnée près d’un million de fois, où l’on voit des milliers de manifestants dans les rues d’Atlanta célébrer la défaite de Donald Trump au son de ce refrain sans équivoque.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.