Dans "Sur le Front" sur France 5, Hugo Clément mène l'enquête sur les oiseaux

NATURE - Le silence est parlant. Que ce soit en ville ou dans nos campagnes françaises, le chant des oiseaux fait de moins en moins partie de notre quotidien. En zone urbaine, les moineaux, qui autrefois se battaient pour un quignon de pain, sont deux fois moins nombreux qu’il y a vingt ans. En milieu rural, les oiseaux des champs sont 40% de moins qu’il y a 30 ans.

Pourquoi cette hécatombe? Est-elle uniquement liée à l’activité humaine? Sur France 5, l’émission “Sur le Front” diffusée ce dimanche 5 juin à 20h55 pose cette question: “Où sont passés nos oiseaux?” Une question simple aux réponses multiples, mais que le journaliste Hugo Clément explore avec beaucoup de pédagogie.

Pour cela, il prend quelques exemples symboliques, comme le moineau, le chardonneret, le busard cendré ou la cigogne. Pourquoi ces oiseaux? Parce qu’ils sont tous touchés par l’activité humaine, sous toutes ses formes. Et que leurs cas, en ville et à la campagne, expliquent un phénomène plus global.

Les oiseaux des villes

Hugo Clément commence son enquête à Paris, où le nombre de moineaux a diminué de 73 % en 13 ans. L’espèce est officiellement “en déclin”. En cause: l’architecture moderne, avec ses bâtiments en verre, “labyrinthe mortel” qui provoque la collision des oiseaux. Mais aussi le bruit, les pesticides et les rénovations de l’habitat ancien.

Plus d’interstice, de trou ou d’espace pour nicher, comme c’est le cas pour d’autres espèces. En Occitanie, à côté de Perpignan, dans une réserve ornithologique, les moineaux se font rares aussi. Seule solution: construire des nichoirs pour permettre aux moineaux de se reproduire, à la fois en milieu urbain et rural. Certaines municipalités se sont déjà investies de cette question.

Le trafic d’espèces

À Marseille, le journaliste suit des agents de la Police de l’environnement, lors d’une perquisition chez un couple soupçonné de trafic d’oiseaux. Dans les Bouches-du-Rhône, le commerce illégal d’espèces protégées est fréquent. Un exemple: celui du chardonneret élégant, en voie d’extinction dans la nature, mais pas sur les réseaux sociaux.

Victime de sa beauté et de ses cordes vocales, il vit dans les arbres et n’a pas pour le coup de problème d’habitat. Victime du braconnage, sa population s’est effondrée depuis l’an 2000: moins 30%. Il est chassé et revendu à des particuliers, qui le convoitent “pour leur chant”. Dans le reportage, Hugo Clément contacte des trafiquants en caméra cachée: on lui propose 180€ pour acquérir un mâle.

Broyés par les moissonneuses-batteuses

Changement de décor: on se retrouve en Moselle, en rase campagne. Au milieu des champs qui s’étendent à perte de vue, les chants se font également rares. Et pour cause: les oiseaux en milieu agricole ont diminué de 40% en 30 ans. Et pas seulement les petits spécimens. Le busard cendré, un rapace, fait partie des espèces “quasi menacées”.

Dans les plaines où il vit, il est notamment menacé par les moissonneuses-batteuses, qui broient leurs nids construits à même le sol, dans les champs. Une situation directement liée au réchauffement climatique: auparavant, la moisson avait lieu en août, période où tous les petits avaient déjà pris leur envol. Elle a désormais lieu en juillet.

Si des volontaires créent des enclos autour des nids pour que les tracteurs fassent des détours, avec l’accord de l’agriculteur, la solution est artisanale. Et surtout, une autre raison explique la disparition de nombreux oiseaux en milieu rural: les pesticides.

75% des insectes ont disparu

75% des insectes ont disparu en 30 ans en Europe de l’Ouest, à cause des pesticides. Les papillons diurnes ont perdu 90% de leur population. Les champs à perte de vue, en monoculture et destinés l’industrie, sont également en cause. Plus d’arbres, de diversité végétale.

Si le constat est alarmant et peut décourager, quelques solutions sont avancées: créer des zones de protection spéciales, réduire les pesticides, installer des nichoirs dans les municipalités, faire attention à la façon dont on construit, réintroduire des espèces comme la cigogne, désormais sédentaire dans l’Est de la France...

La chasse légale

En montagne, par exemple, où les remontées mécaniques pouvaient menacer certaines espèces, des systèmes de marquage pour que les oiseaux les repèrent ont été imaginés. Enfin, la chasse, si elle n’est pas la cause principale de la disparition, est également en question.

En France, 63 espèces d’oiseaux migrateurs sont légalement “chassables”, beaucoup plus que tous nos voisins européens: 34 en Italie et en Espagne, 24 au Royaume-Uni, 13 en Belgique, 3 aux Pays-Bas... Quand on sait que 10 millions d’oiseaux migrateurs sont tués en France chaque année, cela a de quoi interroger.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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