"Frondaisons, la fabrique d'un maquis de l'Argoat", la plasticienne et photographe Sophie Zénon revisite la Résistance dans une forêt bretonne

Jean-François Lixon

En juillet 1944, deux-cent-cinquante jeunes résistants ont créé un maquis dans le bois de Coat-Mallouen, dans ce qui était alors les Côtes-du-Nord, aujourd'hui les Côtes-d'Armor. L'année suivante, après la fin des combats, le photographe Anselme Delattre et Guy, son fils de 14 ans, réunissaient le groupe de maquisards et tournaient une reconstitution avec les acteurs mêmes des faits. Dans ce film, les scènes de la vie quotidienne comme les moments d'action contre l'occupant sont recréées avec une étonnante véracité. Et ce sont des résistants, évidemment, qui ont été contraints de jouer le rôle des Allemands !

Guy avait également, à l'âge de 13 ans, tourné des images in vivo de la libération de Guingamp.


Un lien entre les jeunes résistants et les jeunes d'aujourd'hui

C'est en découvrant ces images rares que la photographe Sophie Zénon décidait de se lancer dans un travail de création en y mêlant ses photos d'aujourd'hui. Ce sont ces images qu'expose le Centre de la Résistance en Argouat sous le titre Frondaisons, la fabrique d'un maquis de l'Argoat. Au delà de l'émotion artistique, la photographe tisse un lien entre ces jeunes d'autrefois, aujourd'hui nonagénaires pour les survivants, et les jeunes d'aujourd'hui, conviés à participer à son acte de création.

Elle a en effet convié les élèves de bac pro d'un lycée à travailler avec elle sur l'histoire de ce maquis et ses résonnances aujourd'hui.

Franchement, ils avaient notre âge, et à notre âge, je ne (...)

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