Fromage, baisemain, vin rouge... Angela Merkel et les présidents français en quatre anecdotes

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Jacques Chirac et Angela Merkel le 3 mai 2007 à Berlin - Patrick Kovarik
Jacques Chirac et Angela Merkel le 3 mai 2007 à Berlin - Patrick Kovarik

Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Emmanuel Macron... Par sa longévité exceptionnelle à la tête de l'Allemagne, la chancelière a longuement côtoyé les locataires de l'Élysée. Pour sa dernière visite officielle en France ce mercredi, BFMTV.com a retracé une anecdote qui raconte l'histoire de sa relation avec chaque président.

Avec Jacques Chirac, baisemain et musique classique

L'élection d'Angela Merkel en 2005 a lieu alors que Jacques Chirac est en grande difficulté. Affaibli par le "non" au référendum pour la Constitution européenne, le président français se considère toutefois en position de force face à la chancelière, qu'il considère comme "une simple jeune femme timide venue de l'Est", estime Libération.

Le chef de l'État cherche d'ailleurs à se mettre en scène lors de sa première rencontre avec l'Allemande en lui offrant un baisemain. "Une pratique de grand-père", souligne alors le quotidien la Tageszeitung, qui ne change pas la donne des relations franco-allemandes.

Entre la dirigeante, figure politique montante de la scène européenne, et le président en fin de mandat, les rapports sont courtois mais sans affinités particulières.

"Ce n'est pas comme avec Schröder: ils n'ont pas eu vraiment le temps de travailler ensemble", rapporte alors l'entourage du politique dans Le Figaro.

Pour son dernier conseil européen en 2007, Jacques Chirac fait néanmoins savoir qu'il se rendrait "volontiers" au concert donné le soir-même par l'Orchestre philharmonique de Berlin. Une sorte de cadeau à Angela Merkel, alors que le Français n'apprécie guère la musique classique, pourtant l'une des passions de la chancelière.

Beurre et fromage sous les yeux de Nicolas Sarkozy

Le couple que forme la Berlinoise et Nicolas Sarkozy est mis à rude épreuve, quelques semaines seulement après la présidentielle de 2007, à la faveur de la crise des subprimes.

Ce sont alors "deux tempéraments différents qui s’affrontent", affirme Frank Baasner, directeur de l'Institut franco-allemand de Ludwigsburg pour le site d'information européen, Euractiv.

"On a un président jeune et dynamique face au caractère calme, réfléchi et sobre de la chancelière. Il voulait changer beaucoup de choses, mais il n’avait pas de patience avec les Allemands. Il a dû se rendre compte très douloureusement que les prises de décision ne sont pas aussi faciles que ça outre-Rhin, que la chancelière est soumise à plus de liens et d’obligations institutionnelles", continue le spécialiste.

Les deux chefs d’État et de gouvernement, en pleine crise économique, vont jusqu'à se rencontrer plusieurs fois par semaine, ce qui vaudra à la presse de leur attribuer le sobriquet de "Merkozy".

Nicolas Sarkozy apprécie alors raconter leurs nombreux rendez-vous de travail aux membres de son gouvernement.

"Elle mange du pain beurré avec son fromage. Tu te rends compte? Personne ne fait ça. Et quand on a une réunion, elle veut qu'on prenne notre petit déjeuner dans la salle à manger. Tu sais pourquoi? Parce qu'il y a moins à manger lorsque le petit déjeuner est servi en chambre, tandis que dans la salle à manger il y a un buffet, avec de la charcuterie, du fromage, des croissants!", raconte Roselyne Bachelot, alors ministre des Solidarités et de la cohésion sociale, dans son livre A feu et à sang, sorti en 2012.

L'amour de la dirigeante pour le fromage est peut-être plus politique qu'on ne le croit. La France a beau être le pays aux 400 fromages, l'Allemagne en produit et en exporte plus que l'Hexagone, souligne France inter.

Une histoire d'amour imaginaire entre François Hollande et Angela Merkel

Les relations entre les deux personnalités ont commencé sous de mauvais auspices, au propre comme au figuré. Angela Merkel a fait ouvertement campagne pour Nicolas Sarkozy en 2012 alors que le socialiste souhaitait, lui, renégocier le traité européen sur la discipline budgétaire.

Pour son premier déplacement de président, François Hollande choisit Berlin, comme le veut la tradition. L'avion présidentiel, frappé par la foudre peu après son décollage, fait alors promptement demi-tour. D'aucuns veulent alors y voir un signe. Mais François Hollande redécolle peu après pour la capitale allemande.

Si leurs relations peinent à se réchauffer pendant les premières années du quinquennat Hollande, elles prennent finalement une autre dimension après les attentats de Charlie Hebdo puis l'accueil des millions de réfugiés par l'Allemagne.

Le couple exécutif s’engage également ensemble sur la scène internationale, se concertant notamment pour apporter une réponse commune à l’annexion de la péninsule de Crimée par la Russie.

Une relation qui aura su évoluer et inspirer... les scénaristes. Une chaîne de télévision allemande a diffusé en avril 2014 un téléfilm qui imagine la romance de François Hollande et d'Angela Merkel.

Du vin pour apprendre à connaître Macron

Après les années plutôt tièdes de l’ère Merkel-Hollande, l’arrivée d’Emmanuel Macron soulève l’espoir d’une relation plus nourrie. Difficile cependant de trouver beaucoup de points communs entre le jeune président français qui a fait campagne sur la nouveauté et la chancelière de 67 ans, qui a érigé la prudence en philosophie de vie. Le locataire de l’Élysée a pourtant veillé à s'entourer de germanophiles.

"Jamais auparavant on a eu un gouvernement français avec tant d’expérience, de sympathie et de compétence en ce qui regarde l’Allemagne", souligne Eric-André Martin, secrétaire général du Comité d’études des relations franco-allemandes, auprès d'Euractiv.

Mais Angela Merkel suit à nouveau "son programme habituel: regarder et attendre que les actes suivent les paroles", pour l'expert.

La crise du Covid-19 change la situation. Les deux dirigeants font front commun pour pouvoir monter un vaste plan de relance européen. Le vin a, semble-t-il, aidé les deux dirigeants à mieux s'entendre.

Pour leur dernier tête-à-tête à l'issue du conseil européen dimanche 21 octobre, les deux dirigeants ont veillé tard autour d'une excellente bouteille de Château-Maret, raconte le Journal du dimanche. Une habitude, rapporte l'Alsace, qui explique que la méthode a eu l'avantage d'assouplir les relations entre les deux personnalités.

"Ils ont su créer de la confiance l'un dans l'autre", juge Clément Beaune, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, dans les mêmes colonnes.

Ce n'est pas un hasard si, pour sa dernière visite en France en tant que dirigeante de l'Allemagne, Emmanuel Macron la reçoit à Beaune, capitale des vins de Bourgogne. La ville a déjà accueilli en 1983 le sommet franco-allemand entre Helmut Kohl et François Mitterrand.

Article original publié sur BFMTV.com

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