#FreeSama : des appels pour faire libérer la DJ palestinienne Sama Abdulhadi

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Des organisations de défense des droits humains ont appelé à la libération de la DJ Sama Abdulhadi, arrêtée par la police palestinienne après avoir donné un concert sur un site archéologique et religieux en Cisjordanie occupée.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux appels ont été lancés pour demander la libération de l'artiste palestinienne Sama Abdulhadi. Considérée comme la première femme DJ palestinienne, la jeune femme de 30 ans a été arrêtée par la police, dimanche 27 décembre, après un concert de musique électronique organisé la veille au soir à Nabi Moussa, lieu présumé de la tombe du prophète Moïse, près de Jéricho.

Selon Ammar Dweik, directeur de la Commission palestinienne indépendante des droits de l'Homme, une organisation créée par l'Autorité palestinienne, Sama Abdulhadi avait pourtant reçu l'autorisation des autorités pour ce concert. "Nous avons demandé aujourd'hui sa libération car son arrestation n'est pas logique (...) elle avait reçu une autorisation du ministère du Tourisme", a-t-il déclaré.

"Nabi Moussa n'est pas un site uniquement religieux mais également touristique (...) et si la musique électronique n'y était pas appropriée, le ministère n'aurait pas dû donner son autorisation", a-t-il estimé, précisant que sa détention avait été prolongée, mardi, de quinze jours.

Des critiques après le concert

La famille de la musicienne, qui a demandé des explications aux autorités, a indiqué dans un communiqué que la demande de libération sous caution avait été rejetée. Partagées sur les réseaux sociaux, des vidéos montrant des hommes et des femmes dansant à Nabi Moussa ont suscité une vague d'indignation, des internautes estimant qu'il s'agissait d'une profanation du lieu, où se situe également une mosquée.

"Ce qui s'est passé hier à Jéricho est vraiment dégoûtant. C'est une insulte aux trois religions" monothéistes, a fustigé l'un d'entre eux sur Twitter. "Comment une bande de Palestiniens libéraux osent-ils faire la fête à la mosquée de Nabi Moussa?".

Lors du concert, des hommes ont pénétré dans l'enceinte du bâtiment et poussé les participants à en sortir. Sur demande du Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh, une commission d'enquête a été créée "pour déterminer ce qu'il s'est passé à Nabi Moussa".

L'organisation Al-Haq de défense des droits humains a critiqué une "arrestation arbitraire", visant à satisfaire une partie de l'opinion palestinienne, d'après son directeur Chaawane Jabarine.

Par ailleurs, le concert a eu lieu malgré les restrictions en vigueur en Cisjordanie pour lutter contre le nouveau coronavirus, dont un confinement.

Avec AFP