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Frappes israéliennes sur Rafah, craintes d'une opération terrestre

Photo fournie par l'armée israélienne montrant des soldats israéliens dans la bande de Gaza le 9 février 2004 (-)
Photo fournie par l'armée israélienne montrant des soldats israéliens dans la bande de Gaza le 9 février 2004 (-)

L'armée israélienne bombarde samedi le secteur de Rafah, à la pointe sud de la bande de Gaza, Benjamin Netanyahu ayant ordonné aux militaires de préparer un "plan d'évacuation" des centaines de milliers de civils sur place avant une éventuelle offensive terrestre.

Tôt samedi, des témoins ont fait état de frappes dans les environs de cette ville peuplée désormais par environ 1,3 million de Palestiniens, plus de la moitié de la population de la bande de Gaza, la grande majorité étaient des personnes qui s'y sont réfugiées pour échapper aux violences plus au nord.

Après Gaza City, puis Khan Younès, Israël vise désormais une opération au sol dans cette ville jouxtant l'Egypye, à l'extrême sud de la bande de Gaza, dans le cadre de son offensive militaire contre le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Après avoir ordonné mercredi à l'armée de préparer une offensive sur Rafah, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lui a demandé vendredi de lui soumettre un "plan combiné" d'"évacuation" des civils  de Rafah et de "destruction" du Hamas dans cette ville.

"Il est impossible d'atteindre l'objectif de la guerre sans éliminer le Hamas et en laissant quatre bataillons du Hamas à Rafah", et cela requiert que "les civils évacuent les zones de combat", a-t-il dit.

"S'ils (l'armée israélienne) envahissent Rafah, comme l'a dit Netanyahu, il y aura des massacres et nous pourrons dire adieu à toute humanité", a déclaré Adel al-Hajj, un déplacé dans la ville.

- "Catastrophiques" -

A Rafah, vendredi en journée, plusieurs bâtiments ont été détruits, selon des photographes de l'AFP. Dans un quartier, des personnes sont vues porter les corps de trois enfants tués dans un bombardement.

"Forcer plus d’un million de Palestiniens déplacés à Rafah à évacuer à nouveau sans trouver un endroit sûr où aller serait illégal et aurait des conséquences catastrophiques", a déclaré dans la nuit Nadia Hardman, spécialiste des droits des migrants et des réfugiés pour Human Rights Watch.

"Il n'y a aucun endroit sûr à Gaza. La communauté internationale doit prendre des mesures pour prévenir de nouvelles atrocités", a-t-elle ajouté, alors que l'ONU et même les Etats-Unis, principal allié d'Israël, ont fait état de craintes pour les civils sur place.

"Mener une telle opération maintenant (à Rafah) sans planification et sans réflexion dans une zone abritant un million de personnes serait un désastre", a prévenu cette semaine le département d'Etat américain.

Dans une rare critique à l'égard d'Israël depuis le début il y a quatre mois de la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, le président américain Joe Biden a jugé "excessive" la "riposte dans la bande de Gaza" à l'attaque du 7 octobre.

La guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent menée ce jour-là par des commandos du Hamas infiltrés de la bande de Gaza dans le sud d'Israël, qui a fait plus de 1.160 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles israéliennes.

En représailles, Israël a juré de "détruire" le Hamas et lancé une vaste offensive qui a fait au moins 27.940 morts à Gaza, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du mouvement islamiste, qui a pris le pouvoir en 2007 dans le territoire palestinien.

- Pourparlers, frappes et finances -

Au cours de l'attaque du 7 octobre, environ 250 personnes ont également été enlevées et emmenées à Gaza. Une trêve d'une semaine en novembre dernier avait permis les libération de plus d'une centaine d'otages en échange de celles de quelque 240 prisonniers palestiniens en Israël.

De nouvelles négociations entre les médiateurs qatari et égyptien et le Hamas, lancées jeudi au Caire pour tenter de parvenir à un accord de trêve incluant un échange de prisonniers palestiniens et d'otages, ont pris fin vendredi, a indiqué à l'AFP un responsable du Hamas. "La délégation du Hamas a quitté le Caire", a indiqué ce responsable en disant, sans autre précisions, "attendre une réponse d'Israël".

Sur un autre front militaire, le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah, un allié du Hamas, a affirmé avoir lancé vendredi des dizaines de roquettes sur une position militaire israélienne dans le Golan syrien occupé par Israël. Et l'armée israélienne a fait état de frappes aériennes sur des positions du Hezbollah dans le sud du Liban, frontalier du nord d'Israël.

Dans la nuit, Israël a ciblé les environs de la capitale syrienne Damas, ont indiqué une l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et l'agence de presse officielle syrienne qui a fait état de dégâts "matériels".

Sur les marchés, Israël a vu l'agence de notation Moody's abaisser d'un cran la note de sa dette, de A1 à A2, en raison des contrecoups "du conflit en cours avec le Hamas" qui "augmentent" le risque politique pour le pays et "affaiblissent" ses institutions ainsi que sa "solidité budgétaire".

Pour l'agence financière Bloomberg, il s'agit d'ailleurs de la toute première fois qu'Israël connaît une dégradation de sa note à long-terme.

bur-gl/pz