Le Conseil des droits de l'homme de l'Onu vote une enquête sur Gaza

·3 min de lecture
LE CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME DE L'ONU VOTE UNE ENQUÊTE SUR GAZA

par Stephanie Nebehay

GENEVE (Reuters) - Le Conseil des droits de l'homme de l'Onu s'est prononcé jeudi en faveur de l'ouverture d'une enquête internationale sur des crimes commis durant les violences entre Israël et les factions palestiniennes armées de Gaza ce mois-ci, une décision critiquée par les Etats-Unis et rejetée par l'Etat hébreu.

La résolution présentée par l'Organisation de la coopération islamique (OCI) et la délégation palestinienne aux Nations unies a été adoptée par 24 voix contre neuf, avec 14 abstentions, par l'organe basé à Genève.

Israël a fait savoir par la voix de son ministère des Affaires étrangères qu'il ne coopérerait pas à l'enquête, qu'il a dénoncée comme une tentative de "blanchir les crimes commis par l'organisation terroriste du Hamas".

Un porte-parole du groupe armé palestinien, qui contrôle la bande de Gaza, a déclaré pour sa part que les actions du Hamas relevaient d'une "résistance légitime" et a appelé à des "mesures immédiates" pour punir Israël.

Dans un communiqué, la mission diplomatique américaine auprès de l'Onu à Genève a dit regretter la décision du Conseil des droits de l'homme, y voyant une possible "mise en péril des progrès accomplis". Les Etats-Unis ont seulement le statut d'observateur et ne disposent pas de droit de vote au Conseil.

Un cessez-le-feu sous l'égide de l'Egypte a été conclu la semaine dernière entre Israël et les Palestiniens de Gaza après 11 jours d'hostilités sans précédent depuis 2014.

Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, a effectué cette semaine une tournée au Proche-Orient dans le but de consolider la trêve. Il a par ailleurs annoncé des aides de Washington à destination de Gaza.

En amont du vote jeudi, la haute commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme a jugé que les récentes frappes aériennes israéliennes contre la bande de Gaza pourraient constituer des crimes de guerre. Michelle Bachelet a également déclaré que les tirs de roquettes vers Israël effectués par le Hamas violaient le droit international.

S'exprimant lors d'une session extraordinaire consacrée à "la grave situation des droits de l'homme dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est", elle a précisé que ses services avaient passé en revue les circonstances du décès de 270 Palestiniens, dont 68 enfants, principalement dans la bande de Gaza. Les tirs de roquettes du Hamas ont fait dix victimes en Israël.

Pour la haute commissaire, les tirs "sans discernement" de roquettes palestiniennes constituent "une violation claire du droit international".

Alors que les frappes aériennes israéliennes ont provoqué de nombreux morts et des dégâts matériels importants dans des bâtiments civils, elle a précisé qu'"en dépit des déclarations d'Israël selon lesquelles bon nombre de ces bâtiments abritaient des groupes armés ou étaient utilisés à des fins militaires, (ses services n'ont) pas trouvé de preuve en ce sens".

"Si ces attaques s'avéraient avoir été menées sans discernement et de façon disproportionnée, elles pourraient constituer des crimes de guerre", a observé Michelle Bachelet, qui a aussi appelé le Hamas à s'abstenir de tirer des roquettes sur Israël.

(Stephanie Nebehay à Genève, avec Dan Williams à Jérusalem; version française Myriam Rivet et Jean Terzian)