Plus lourd bilan quotidien depuis lundi à Gaza, nouvelle impasse à l'ONU

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Alors que les violences entre Israël et le Hamas se poursuivent à Gaza, où 42 Palestiniens ont été tués dimanche, le Conseil de sécurité de l'ONU a encore échoué à s'entendre sur une déclaration.

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni, dimanche 16 mai, pour évoquer le regain de violences sans précédent depuis sept ans entre Israël et le Hamas, à Gaza. Mais cette troisième session virtuelle n'a accouché d'aucune proposition. Selon plusieurs diplomates interrogés par l'AFP, les États-Unis, à la position jugée incompréhensible par nombre de ses alliés, continuent à refuser toute déclaration conjointe permettant d'aboutir rapidement à un arrêt des hostilités.

Les raids ont continué dans la nuit de dimanche à lundi : en quelques minutes, l'aviation israélienne a mené des dizaines de frappes dans l'enclave, provoquant des coupures de courant, ont constaté des journalistes de l'AFP. Dans un court communiqué, l'aviation israélienne a indiqué que ses "avions de chasse" étaient en train de frapper "des cibles terroristes" à Gaza.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, avait déclaré plus tôt que les affrontements en Israël et dans la bande de Gaza étaient "tout à fait épouvantables" et a appelé à un arrêt immédiat des violences. Les Nations unies "engagent activement toutes les parties vers un cessez-le-feu immédiat" et les appellent à "permettre aux efforts de médiation de s'intensifier et de réussir", avait-il ajouté en introduction de la première réunion publique des 15 membres du Conseil de sécurité sur le conflit.

Il s'est par ailleurs dit "consterné" par le "nombre croissant de victimes civiles" et "profondément perturbé" par l'attaque israélienne contre Al-Jazira et Associated Press à Gaza. Le chef de la diplomatie européenne a, quant à lui, annoncé qu'une visioconférence d'urgence se tiendrait mardi.

Dans le même temps, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a multiplié dimanche les entretiens avec ses homologues de plusieurs États régionaux clefs, dont le Qatar, l'Égypte et l'Arabie saoudite, pour tenter de faire cesser les violences, selon le département d'État.

Lourd bilan à Gaza

Au total, 42 Palestiniens, dont au moins huit enfants et deux médecins, ont été tués dimanche dans des bombardements israéliens sur Gaza, enclave pauvre de deux millions d'habitants sous blocus israélien depuis près de 15 ans, selon le ministère de la Santé local.

Il s'agit du plus lourd bilan quotidien depuis le début des violences : au total, depuis le 10 mai, 197 Palestiniens ont été tués, dont au moins 58 enfants, et plus de 1 200 blessés. Côté israélien, 10 personnes ont été tuées dont un enfant, et 282 blessées après des tirs de groupes armés palestiniens depuis Gaza, dont le Hamas au pouvoir.

Ceux-ci ont tiré plus de 3 100 roquettes vers Israël depuis le début des hostilités, le rythme le plus élevé de projectiles jamais tirés sur le sol israélien, a indiqué dimanche l'armée israélienne, soulignant qu'une grande partie avait été interceptée par son système anti-missile.

Relativement épargnée ces derniers jours, Jérusalem a été le théâtre dimanche d'une attaque à la voiture-bélier contre une patrouille israélienne dans l'ultra-sensible quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé et annexé par Israël. L'attaque a fait plusieurs blessés selon la police israélienne qui dit avoir "neutralisé" l'assaillant sans plus de précisions sur son sort ou son identité.

"Surréaliste"

D'après le ministère de la Santé à Gaza, plus de 40 000 personnes ont fui leur logement dans le micro-territoire.

Franchissant un nouveau palier dans son offensive contre le Hamas, l'armée israélienne a annoncé sur Twitter avoir "attaqué le domicile de Yahya Sinouar et de son frère, un militant terroriste", publiant des images d'une maison pulvérisée dans un nuage de poussière. Des sources de sécurité palestiniennes ont confirmé la frappe mais on ignore le sort du chef du Hamas à Gaza.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a, dans une adresse aux Israéliens avant la fête de Chavouot (Pentecôte) qui a commencé à la tombée de la nuit, réitéré que l'opération allait encore "prendre du temps" et appelé ses compatriotes à limiter leurs "activités en extérieur".

"Cible légitime"

Cette fois-ci en anglais et dans un entretien à la chaîne américaine CBS, Benjamin Netanyahu a également justifié la frappe samedi qui a pulvérisé la tour de 13 étages abritant les équipes de la chaîne d'information qatarie Al-Jazira et l'agence de presse américaine Associated Press (AP). C'était "une cible parfaitement légitime", a répété dimanche le Premier ministre israélien, affirmant se baser sur des informations des services de renseignement.

Reporters sans frontières (RSF) a saisi dimanche la Cour pénale internationale (CPI) après plusieurs raids contre des locaux abritant des médias, considérant qu'ils pouvaient relever de "crimes de guerre", a indiqué une porte-parole de l'association à l'AFP.

Avec AFP

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