Gaza: raid israélien meurtrier sur une école, un membre du Hezbollah tué au Liban

Des Palestiniens inspectent les dégâts causés par une frappe israélienne dans le camp de réfugiés de Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 6 juillet 2024 (Eyad BABA)
Des Palestiniens inspectent les dégâts causés par une frappe israélienne dans le camp de réfugiés de Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 6 juillet 2024 (Eyad BABA)

L'armée israélienne a mené samedi de nouvelles frappes meurtrières dans la bande de Gaza, dont l'une a provoqué la mort de 16 personnes dans une école abritant des déplacés selon le Hamas, et a tué un membre du Hezbollah dans une attaque de drone au Liban voisin.

Israël a indiqué que son aviation avait visé "plusieurs terroristes" "dans le secteur de l'école al-Jaouni" de Nousseirat (centre), gérée par l'ONU et abritant des déplacés. "Cet endroit servait de cachette et d'infrastructure opérationnelle à partir de laquelle des attaques étaient menées contre des soldats", a affirmé l'armée.

Alors que la guerre à Gaza entre dimanche dans son 10e mois, le gouvernement du Hamas qui dirige le territoire palestinien venait d'annoncer que 16 personnes avaient été tuées dans une frappe israélienne sur cette école.

Dans le même temps, les efforts diplomatiques ont été relancés en vue d'un cessez-le-feu et d'une libération des otages retenus à Gaza, Israël annonçant l'envoi la semaine prochaine d'une délégation pour poursuivre les pourparlers avec les médiateurs qataris.

La guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien dans le sud d'Israël le 7 octobre, qui a entraîné la mort de 1.195 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles. Sur 251 personnes alors enlevées, 116 sont toujours retenues à Gaza dont 42 sont mortes, selon l'armée israélienne.

Israël a juré de détruire le Hamas, qu'il classe comme organisation terroriste à l'instar des Etats-Unis et de l'Union européenne. Son offensive militaire sur le territoire palestinien a fait 38.098, en majorité des civils, selon des données samedi du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas.

Dans la petite bande de terre dévastée, où Israël assiège quelque 2,4 millions de personnes dans des conditions jugées "désastreuses" par l'ONU, l'eau et la nourriture manquent. Selon les Nations unies, 80% de la population est déplacée et plusieurs habitants, dont des enfants, sont morts de malnutrition.

- "Massacre" -

Le gouvernement du Hamas a fustigé comme un "massacre odieux" la frappe sur l'école al-Jaouni, faisant aussi état de 50 blessées transférés à l'hôpital. D'après lui, 7.000 déplacés se trouvaient dans l'école.

"Des éclats d'obus me sont parvenus quand j'étais dans une classe, les enfants ont été blessés", a témoigné auprès de l'AFP Samah Abou Amsha, à l'école. "Où devrions-nous aller? Nos enfants sont morts de peur".

Plus tôt, les secouristes avaient fait état de 10 personnes tuées, dont trois journalistes locaux, par une frappe sur une maison du camp de Nousseirat. Un quatrième journaliste a été tué à Gaza-ville (nord), selon le bureau de presse du Hamas.

Les combats se sont en outre poursuivis à Choujaïya, un quartier est de Gaza-ville, où les soldats mènent une opération terrestre appuyée par l'aviation depuis le 27 juin.

Le secteur est l'un de ceux dans le territoire palestinien où l'armée israélienne est de nouveau intervenue, après avoir affirmé les contrôler.

Elle a dit y avoir tué "des terroristes du Hamas" et détruit des "armes et infrastructures" dont des tunnels, accusant "l'ennemi de chercher à rétablir une base" dans le quartier.

Les soldats bataillent aussi à Rafah (sud), où des témoins ont fait état de tirs à l'artillerie lourde dans le centre de la ville. Selon l'armée "des cellules terroristes ont été éliminées" et "plusieurs tunnels détruits et des armes saisies".

L'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) a affirmé que deux de ses employés avaient été tués à al-Bureij (centre) sans autre précisions.

La guerre menace de prendre une dimension régionale avec des échanges de tirs quotidiens entre Israël et le Hezbollah libanais des deux côtés de la frontière.

Un "responsable local" du puissant mouvement pro-iranien, allié du Hamas, a été tué par une attaque de drone israélien sur un véhicule près de Baalbek, dans l'est du Liban à quelque 100 km de la frontière, selon une source proche du Hezbollah.

L'armée israélienne a confirmé avoir "opéré dans la région de Baalbek pour frapper et éliminer... un agent clé de l'unité de défense aérienne du Hezbollah", ayant selon elle "participé à la planification et l'exécution de nombreuses attaques terroristes" contre Israël et aidé à constituer "l'arsenal d'armes iraniennes" du groupe.

- Nouvelle manifestation à Tel-Aviv -

Dans ce contexte, de nouveaux efforts sont en cours pour un cessez-le-feu à Gaza, à l'approche d'une visite aux Etats-Unis du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui doit s'adresser au Congrès le 24 juillet.

A l'issue d'entretiens vendredi à Doha du chef du Mossad israélien, David Barnea, une équipe poursuivra "la semaine prochaine" les négociations au Qatar, a indiqué le bureau de M. Netanyahu.

Il a fait état d'"écarts" persistants avec le Hamas, qui a de son côté annoncé de nouvelles "idées".

Les efforts de médiation menés par le Qatar, les Etats-Unis et l'Egypte se heurtent jusque là aux exigences des deux camps.

Benjamin Netanyahu affirme vouloir continuer la guerre jusqu'à la destruction du Hamas et la libération de tous les otages, le Hamas réclamant de son côté un cessez-le-feu définitif et un retrait israélien de Gaza avant un accord.

"Il est important qu'un accord soit trouvé" pour le retour des otages, a plaidé l'un d'entre eux, Almog Meir Jan, libéré début juin dans une opération de l'armée, dans un message diffusé lors d'un nouveau rassemblement à Tel-Aviv en soirée contre le gouvernement Netanyahu.

bur/cab /feb