Francophonie: en Chine, les jeunes de plus en plus attirés par la langue française

·2 min de lecture

Pour la Journée internationale de la francophonie ce samedi 20 mars direction la Chine, avec cette question : qu’est-ce qui pousse les jeunes de la deuxième économie du monde à apprendre le français ?

Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

« Mon père m’a dit : "La littérature française, c’est la littérature la plus belle ! Il faut apprendre le français !" À cette époque-là, j’avais seulement 9 ans, se souvient Liu Nangi, enseignant. La littérature française influence beaucoup le chinois. De nombreux jeunes gens aiment beaucoup ces écrivains. Je crois qu'ils retournent de plus en plus à la littérature française. »

Apprendre le français pour entendre chanter Rimbaud, Apollinaire et Baudelaire, il a entendu cela de son papa à 9 ans, Liu Nanqi. Pour ce traducteur et enseignant, la langue française sert aujourd’hui de refuge pour une partie de la jeunesse chinoise.

« Ils ont des difficultés dans l’emploi, en amour, explique Liu Nanqi. Mais ils trouvent que la littérature ou bien la poésie française peuvent leur apporter un certain soulagement. »

Le français comme moyen de penser autrement

La langue française apporte un certain soulagement, mais aussi une manière de penser autrement, selon Yang Zhen, chercheur et professeur à l’Université Fudan de Shanghai. « La langue française est quand même très différente de la langue chinoise. Par exemple en termes de clarté et de précision. Les étudiants découvrent cela aussi. Quand ils écrivent en français, ils apprennent petit à petit à penser comme un Français. »

Comme le japonais, le français permet aussi de marquer sa différence pour une génération de jeunes urbains qui ne manque de rien dans la Chine devenue la deuxième économie du monde.

« En fait, c’est une génération un peu blasée déjà, estime Dong Qiang, professeur de littérature française à l’Université de Pékin, et lauréat du grand prix de la francophonie en 2013. Avec le français, ils se disent : pourquoi pas ! Ils n'apprennent pas le français par motivation profonde, mais plutôt par curiosité. Parfois même, pour faire un peu l’orignal, pour se former une personnalité, faire un peu chic, être un peu différent des autres. »

Aujourd’hui, plus de 140 universités en Chine proposent des cours de français ou ont même un département de français.

À lire: Francophonie: au Rwanda, le timide retour du français