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François Hollande dans Convictions : "Et là, une larme a coulé sans que je puisse la retenir"

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Un récit d’expérience au sommet de l’État, des confidences intimes, un diagnostic du pays, un programme et de multiples piques envers ses rivaux politiques. Affronter, le dernier ouvrage de François Hollande, ressemble au livre d’un candidat à la présidentielle.

Il veut mettre son expérience au service de la France. "Être utile pour un ancien président, c’est être libre", écrit François Hollande dans son nouvel ouvrage, Affronter (Stock). Le socialiste y livre des confidences sur les coulisses de son quinquennat et règle ses comptes avec Emmanuel Macron et plusieurs candidats à la prochaine élection présidentielle. L’ancien chef de l’Etat s’est confié à Alexandre Delpérier pour Convictions, la nouvelle émission de Yahoo. L’ex-président laisse entrevoir l’homme derrière la fonction, évoque un regret en matière d’écologie et raconte comment il a vécu la trahison de son successeur. S’il assure ne pas être en campagne, bien des indices laissent penser qu’il n’est pas près de quitter la vie politique.

Retour sur une trahison

Il y a cinq ans, Emmanuel Macron démissionnait du ministère de l’Economie, le 30 août 2016, quelques mois à peine après avoir créé son parti. "Il aurait dû me prévenir plus tôt, cela aurait évité un certain nombre de malentendus, mais je pensais que son aventure était difficile, pour ne pas dire vouée à l’échec", se souvient François Hollande. "Ça me perturbait, ça me gênait dans mes choix", admet-il, mais il ne misait pas sur une victoire de l'ancien banquier à l'élection présidentielle.

Huit mois plus tard, c’est le jour de la passation à l'Elysée entre le socialiste et son ex ministre."Je ne suis pas dans l’aigreur, sinon je me serais présenté. Pas dans la rancune, qu’on peut avoir à l’égard de son adversaire. Emmanuel Macron n’était pas mon adversaire", raconte François Hollande. 

Qu'est-ce que je vais faire maintenant de ma vie ?

Puis c'est l'heure du départ après cinq ans de présidence. "Je me dis : qu'est-ce que je vais faire maintenant de ma vie ? Bien sûr qu'on se prépare à cet instant-là, mais on ne l'imagine pas, on pense que l'agenda va se couvrir de rendez-vous, mais non". Pour avancer, il s'est alors demandé comment il pouvait "être utile maintenant".

Un président ne devrait pas pleurer

Son mandat a été marqué par les attentats de janvier puis de novembre 2015. On se souvient du président déclarant l’état d’urgence, proposant la déchéance de nationalité pour les terroristes, assistant aux cérémonies d’hommage aux victimes, avec la solennité imposée par la fonction. François Hollande raconte cette fois comment l’homme a vécu cette période. "Psychologiquement, on est changé, parce qu’on sait que l’horreur est possible".

Même un président peut être submergé par l’émotion. L’ancien chef de l’État se souvient de la cérémonie d’hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015, dans l’imposante cour des Invalides. "Et là, une larme a coulé sans que je puisse la retenir", lâche-t-il. "Je ne peux pas l’empêcher, et je ne voulais surtout pas qu’elle puisse donner l’impression d’une communication".

Même un président peut avoir besoin d’un soutien psychologique face à de tels événements, estime François Hollande. S’il n’a pas fait appel à un psy, il dit avoir trouvé de l’aide ailleurs. "C’est l’entourage, les proches, vos collaborateurs, c’est ça qui vous donne une force, et puis les gens eux-mêmes", explique-t-il en saluant "les leçons de dignité et de courage" des familles de victimes. "Il faut être entouré, et parler".

Écolo, mais pas trop

L'année 2015 a aussi été celle de la COP 21. François Hollande, "fier" d'avoir organisé cet événement international, reconnaît qu'il minimisait alors la crise écologique. "Je vais vous faire un aveu, je n’imaginais pas que la situation était aussi grave". "Le réchauffement est allé encore plus vite", s’alarme-t-il, inquiet notamment pour l’avenir de ses petits-enfants.

Les yeux rivés vers l'Élysée ?

Mais ce livre n’est pas seulement l’occasion de faire le bilan de ses cinq ans à la tête du pays, bien au contraire. "Ce qui m'intéresse, c'est l'avenir, les conditions de la vie en commun, comment on peut être en sécurité, régler dignement l'immigration, partager les mêmes idées sur ce qu'est la France sans verser dans le nationalisme..." Outre ses propositions pour le futur, François Hollande suit de très près la campagne présidentielle et étrille chacun des candidats. Arnaud Montebourg est "un zozo", Jean-Luc Mélenchon "un fardeau" pour la gauche et La République en marche "un parti de zombies". 

Quant à Eric Zemmour, il fait partie de "ces personnages qui sont dans la diatribe médiatique, la critique, la surenchère, la provocation", qui "viennent sur le terrain de la politique, car ils avaient peut-être une certaine frustration d’être cantonnés à ce rôle". Il ne croit pas à une victoire du polémiste (qui n’a toujours officialisé sa candidature). Ses idées, "ce n’est pas la France. Il peut remporter une partie de l’opinion, mais pas la position majoritaire dans le pays".

François Hollande n'est pas tendre non plus avec son successeur, dont "l'attitude donne parfois l’impression d’une très grande verticalité, d’une autorité qui verse dans l’autoritarisme", et critique son bilan dans son livre. "Son attitude à l’égard des citoyens qu’il rencontre donne le sentiment qu’il sait quand les autres ne savent pas. Ce n’est pas vrai. Les autres en savent peut-être même beaucoup plus que lui sur les conditions de vie, la réalité économique et sociale".

En bon camarade, François Hollande n’épargne que la socialiste Anne Hidalgo, dont la campagne très compliquée alimente pourtant les hypothèses d’abandon, et l’éventualité d’un retour de l'ancien président. Exclut-il totalement de se présenter en 2022 ? Réponse de l’intéressé : "il ne faut jamais dire quoi qu’il arrive, mais je ne suis pas candidat". 

Interview : Alexandre Delpérier

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